Angela Merkel ne viendra pas au G7 organisé par Donald Trump à Washington en juin. Du coup, furieux, celui-ci l'a repoussé en septembre... sans plus d'assurance.

Angela Merkel et Donald Trump en 2019 au sommet du G7
Angela Merkel et Donald Trump en 2019 au sommet du G7 © Getty / Michael Kappeler/picture alliance

Direction les Etats-Unis ce matin, où Donald Trump a décidé de reporter le G7. Il devait avoir lieu en juin à la Maison-Blanche et rassembler, comme tous les ans, le camp occidental plus le Japon. Il avait été question d'un G7 virtuel, vue la pandémie, mais Donald Trump avait insisté pour qu'il ait lieu "in persona".

Seulement voilà, Angela Merkel a dit "nein" ou plutôt, qu'elle "ne pouvait confirmer sa présence" à Washington pour le G7. C'est plus poli, mais à peine. Donald Trump est, semble-t-il, furieux : le G7 ne rassemble qu'un "un groupe de pays très démodé".

Il a donc décidé de le repousser à septembre, en marge de l'Assemblée générale de l'ONU, et compte bien y inviter en plus la Russie, l'Inde, l'Australie et... la Corée du Sud.

Un G7 en septembre ?

Rien n'est encore fait. D'abord Donald Trump a changé la date et le lieu de ce G7 une bonne demi-douzaine de fois. Ensuite, si Vladimir Poutine est invité, ça risque d'être un "no go" pour les Européens qui, eux, se souviennent de 2014, de l'Ukraine et de la Crimée.

D'autant qu'un G20 est déjà prévu en novembre, en Arabie saoudite. Inutile de préciser qu'un sommet d'au moins deux jours et de dernière minute à Washington, plus l'Assemblée générale de l'ONU à New York, plus le G20 de Ryad...

C'est beaucoup et ce, quelques semaines avant l'élection présidentielle américaine où les leaders du monde entier n'ont surtout pas envie d'apparaître comme les faire-valoir de Donald Trump. Et encore moins Angela Merkel.

Les relations compliquées de la chancelière et du président

L'annulation de la visite d'Angela Merkel vient quelques jours seulement après un coup de fil qualifié "d'épouvantable" par le webzine américain Politico : "ils ont étalé tous leurs désaccords".

L'OTAN, le gazoduc entre l'Allemagne et la Russie, les relations avec la Chine... Tout y est passé. Et comble de la provocation, pour Donald Trump bien sûr, il y a le slogan pour les 6 mois de présidence allemande du Conseil de l'Union européenne.

"Together. Making Europe strong again". Ce qui est un pied-de-nez même pas subtil au slogan de la campagne de Donald Trump de 2016. Quant au "together", "ensemble", c'est une allusion à peine voilée au slogan d'Hillary Clinton : "Stronger Together".

Elle est libre Angela !

Comment dire : elle est libre Angela ! Elle est aujourd'hui plus populaire que jamais et saluée par tous pour sa gestion de la crise du Covid-19. De plus, elle a dit elle-même qu'elle se retirerait en 2021 et laisserait la place à une nouvelle génération.

Il lui reste donc une année pour laisser une trace dans l'Histoire. Ça commence en brisant des tabous, comme les 500 milliards d'eurobonds convenus avec la France. Ça se poursuit donc avec son refus obstiné de normaliser ses relations avec Donald Trump.

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