La petite ville en question s'appelle West Francfort, elle compte 8 000 habitants et a voté à plus de 70% pour Donald Trump en novembre dernier.

Restaurant mexicain aux Etats-Unis
Restaurant mexicain aux Etats-Unis © Maxppp / IP3 PRESS

C'est une ville ouvrière comme il en existe des centaines aux Etats-Unis. Une ville qui a cru dans les promesses de Donald Trump de relancer les mines de charbon. Une ville où s'est installé il y a une dizaine d'années Juan Carlos Hernandez Pacheco, où il a fondé une famille avec son épouse et leurs trois enfants.

Juan Carlos est le gérant d'un restaurant Mexicain célèbre pour ses fajitas au bœuf. Le 9 février dernier, il a été arrêté non loin de son restaurant et retenu depuis par la police de l'immigration : M. Hernandez est sans papier. Depuis, c'est la mobilisation générale.

Car on a voté Donald Trump pour relancer l'industrie charbonnière mais pas pour arrêter Juan-Carlos qui est une sorte de modèle d'intégration : il est de tous les comités de soutien aux pompiers et policiers locaux, il est volontaire partout et son restaurant est une institution.

C'est simple, depuis son arrestation, le maire, le directeur du lycée, le chef des pompiers, le président du Rotary Club, le juge du comté, le directeur de la poste : tous ont adressé des lettres de soutien et de témoignage pour le faire libérer.

Et tous reconnaissent qu'ils sont pris dans leurs propres contradictions. D'un côté, ils admettent qu'ils soutiennent l'idée d'être plus dur envers l'immigration clandestine mais tant que ça ne les prive pas de Juan Carlos et de sa famille, un immigré « modèle ».

Est-ce que cela va suffire pour éviter son expulsion, c'est toute la question : d'un côté, la police a exhumé deux condamnations vieilles de 10 ans pour conduite en état d'ivresse. Deux condamnations qui aggravent son cas. De l'autre, cette affaire est remontée jusqu'au New York Times qui a fait un reportage.

Est-ce que les habitants de West Francfort regrettent leur vote Trump ? Non, ils demandent simplement que, dans ce cas, qui ressemble à tant d'autres aux Etats-Unis, on pratique le cas-par-cas. Il y aurait 11 millions de clandestins aux Etats-Unis !

►►► Lire l'article du New York Times

  • Une revue de presse américaine avec les premiers commentaires sur le premier discours de Donald Trump devant le congrès

Et aussi la première surprise du chef sur l'immigration justement : dans son discours, commenté par le Washington Post, Donald Trump parle de régularisation basé sur le mérite mais à plusieurs journalistes avant ce discours, il a évoqué une amnistie !

Il aurait même parlé d' « une grande loi sur l'immigration à la condition que Démocrates et Républicains se mettent d'accord ». Ce serait une révolution copernicienne pour Donald Trump qui, dans les faits, continue de défendre les expulsions massives.

Ca ne signifie pas que la guerre de tranchée contre l'administration Trump a cessé. Il suffit de jeter un œil sur le New York Times ce matin. L'édito du jour s'intitule : « un chèque en blanc ne rendra pas l'Amérique plus sûre ».

Il s'en prend violemment à l'augmentation de 10% du budget militaire et aux coupes budgétaires qu'il va falloir trouver pour le financer. « Sabrer le budget des Affaires étrangères laissera le pays sans moyens de prévenir des conflits à venir ».

« Quant à taillader dans les 42 milliards d'aide au pays étrangers, cela risque d'être contreproductif : l'essentiel de cette aide sert aux pays étrangers à acheter de l'armement américain » et donc à créer des emplois.

Des critiques qu'on retrouve aussi à la une du Los Angeles Times qui résume le discours de cette nuit d'un titre lapidaire : « promettre tout et oublier les détails ». Ou encore USA Today : « Trump va exploser le déficit ». C'est la guerre, je vous disais.

► ALLER PLUS LOIN | America First : ce qu'il faut retenir du premier discours sur l'état de l'Union de Donald Trump

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