La presse égyptienne est à l'honneur

Avec le quotidien Al Ahram qui titre en une ce matin : « un don du Ciel » . Il faut savoir que la presse égyptienne n'a plus grand chose de fiable ni de libre depuis le retour au pouvoir des militaires : elle sert de courroie de transmission. Point barre.

Mais pour les bonnes nouvelles, on peut encore la lire et « le don du Ciel » de ce matin, c'est l'annonce par la compagnie pétrolière italienne ENI de la découverte d'un méga champ gazier au large des côtes égyptiennes.

C'est le plus important jamais découvert en Méditerranée. Il est même beaucoup plus important que le champ gazier voisin israélien. Avec ce gaz, l'Égypte redeviendra autosuffisante dans les cinq années, voire même recommencer à exporter. Un vrai « don du ciel » donc.

Une histoire assez émouvante qui se passe en Argentine

Et elle commence, cette histoire, par un simple communiqué, c'était hier : «La petite-fille n°117 a retrouvé son identité ». Toute l'Argentine s'est alors arrêtée pour partager une vraie émotion collective. Pourtant, vu d'ici, c'est assez laconique comme communiqué !

Argentine - Buenos Aires
Argentine - Buenos Aires © Wikimedia Commons

En fait, le communiqué en question venait d'une association très célèbre là-bas : celle des Grands-mères de la Place de Mai . Des mères donc, qui se battent pour connaître le sort réservé à leurs enfants disparus pendant la dictature militaire de 1976 à 1983.

On compte 30 000 disparus pendant cette période épouvantable de l'histoire argentine. Or il se trouve qu'un certain nombre des disparues étaient des femmes enceintes au moment de leur arrestation.

Les bébés qui sont nés en captivité et ont été adoptés par des cadres du régime, des militaires, ou des fonctionnaires de la dictature. C'est le second combat des Grands-mères de la Place de Mai : retrouver ces enfants et leur redonner leur véritable identité.

C'est donc le 117e enfant de disparus qui, depuis hier, connaît ses véritables parents.

Il s'agit d'une femme de 37 ans, fille de deux militants du Front argentin de libération, un des nombreux groupes gauchistes qui existaient à l'époque. Ses vrais parents ont « disparus » en décembre 1977, alors que sa mère était enceinte de six mois. On ne sait rien, volontairement, des parents adoptifs de cette 117e « petite-fille identifiée », ni même son nom actuel.Les Grands-mères de la Place de Mai sont très attachées à la discrétion et à la volonté d'anonymat de beaucoup des enfants retrouvés.

On sait simplement qu'elle a été retrouvée grâce à une enquête de l'association et surtout, grâce à une banque de données unique au monde, gérée par l'Etat argentin et qui recueille les échantillons ADN de tous les parents survivants de disparus.

Combien reste-t-il d'enfants à retrouver ? Les Grands-mères de la Place de Mai pensent qu'il en reste environ 400. Elles comptent sur leurs enquêtes mais aussi sur les familles adoptives. Car les recherches commencent souvent par l'aveu des parents adoptifs ou le soupçon des enfants eux-mêmes. Chaque fois, c'est le même cérémonial : l'association appelle « l'enfant retrouvé » pour lui redonner son identité. Un rendez-vous discret est pris avec la famille encore vivante. Et un communiqué est publié. Et chaque fois, l'Argentine entière s'émeut et se souvient.

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