Les cadets du FSB ont fêté dans les rues de Moscou la fin de leur formation et ont posté sur le net les photos.

Capture d'écran YouTube
Capture d'écran YouTube
  • Hier c'était les fonctionnaires des Emirats Arabes Unis, aujourd'hui c'est au tour des russes

Il y a comme une récurrence en ce moment. Et effectivement, aujourd'hui, je vous emmène à Moscou pour fêter avec des apprentis fonctionnaires la fin de leur formation.

Et comme tous les étudiants du monde, ils font la fête : caravane de voitures sirènes hurlantes dans les rues de Moscou, beuverie dans les bars et les cafés de la capitale, et surtout des selfis des selfis et encore des selfis, le tout posté sur les réseaux sociaux.

Le problème, c'est que ces jeunes cadets ne sont pas des fonctionnaires comme les autres : ils sont promis à une belle carrière au sein du FSB, ex-KGB, c'est-à-dire les services secrets russes. Vous commencez à comprendre la problème...

Le problème, c'est qu'un espion, c'est censé être discret et ne pas faciliter la tâche de leurs homologues étrangers en mettant sur Facebook ou Instagram des photos de promotion parfaitement lisibles. En clair, des photos d'identité à collectionner !

La réponse du Kremlin ne s'est pas faite attendre, ils ont tous eu le choix : soit être virés, soit être mutés dans la péninsule du Kamchatka, soit dans la région autonome de Chukotka : 700 000 km2, 50 000 habitants. Ne cherchez pas, c'est au fin fond de la Sibérie, juste en face de l'Alaska à 8h de vol de Moscou.

Et encore, leur situation est presque enviable comparée à celle des fonctionnaires d'Etat chinois qui depuis l'arrivée de Xi Jinping au pouvoir en 2012 sont démis à raison de dizaines de milliers par an. On parle de 100 000 fonctionnaires purgés !

Et ce procédé a un joli nom là-bas : se défaire des « tigres et des mouches ». Les tigres, ce sont les hauts responsables, et les mouches les petits fonctionnaires locaux. Et la dernière trouvaille des cerbères chinois anti-corruption, c'est la liste des « 20 interdictions ».

Pour le chiffre 20, il faudrait demander à un numérologue chinois. La liste par contre ne parle que de nourriture. Lorsqu'un fonctionnaire chinois fait sa tournée d'inspection, il est courant de l'inviter à un banquet plantureux et surtout TRES coûteux.

C'est en clair de la corruption, parce qu'il y a en plus la tradition des petites enveloppes rouges remplies de billets ou de bon d'achat. Donc la liste interdit toute forme de banquet et précise qu'en mission, les fonctionnaires paient leur nourriture.

Pas de restaurant, pas d'invitations, pas de banquet qui ont à voir avec leur mission, pas de gueuletons organisés par une entreprise inspectée, pas de beuveries aux frais de l'Etat, pas d'invitations de responsables, et évidemment pas d'enveloppes rouges.

  • Une revue de presse évidemment gabonaise...

Avec évidemment l'élection contestée d'Ali Bongo à la tête du Gabon et les événements de cette nuit qui ont vu l'incendie de l'Assemblée nationale gabonaise ainsi que des manifestations des partisans de l'opposant Jean Ping.

A vrai dire, les sites d'infos gabonais sont mal équipés pour l'information en continu. Libreville.com par exemple reprend des dépêches de l'AFP française qui parlent d'affrontements entre forces de l'ordre et partisans de Jean Ping.

Ou explique que les forces de l'ordre prennent d'assaut le QG de ce dernier quelques heures à peine après l'annonce de résultats électoraux serrés. Le seul à avoir eu le temps de mettre en une un commentaire est le journal d'opposition Echos du Nord.

Ali Bongo, Sa petite majesté déchue, a le choix de sortir grandi, et même victorieux même, car en prime, il aura véritablement contribué à grandir la démocratie au Gabon. Il sera le premier président en Afrique centrale à reconnaître la victoire de son adversaire et à l’en féliciter. Ou alors l’autre choix, servir ses faucons, qui le manipulent en lui servant de fausses certitudes, et incontestablement, il sortira par la petite porte. A lui de décider…

Mots-clés :
Suivre l'émission
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.