A compter du 1er mai prochain et l'intronisation du nouvel empereur Naruhito, le Japon changera officiellement d'ère. Son nom vient d'être révélé : ce sera l'ère "Reiwa" ou "harmonie bienheureuse". Explications.

Le 1er mai, le Japon changera d'ère pour le nouvel empereur et c'est un événement pour tous les Japonais. Un événement qui ne s'est produit que 2 fois en un peu moins d'un siècle : lors de l'avénement d'Hirohito et l'ère Showa en 1926 et en janvier 1989 pour l'actuel empereur Akihito et son ère Heisei.

Le 1er mai 2019 donc, commencera le règne de l'empereur Naruhito et aussi l'ère Reiwa ce qui peut se traduire par « la paix » ou « l'harmonie bienheureuse ». Un terme choisit dans le plus grand secret mais qui comporte quelques nouveautés.

D'abord, depuis 1300 ans, les noms d'ères impériales étaient choisis dans le corpus littéraire chinois classique. Cette fois-ci, rupture, Reiwa vient du plus ancien recueil de poème japonais – Manyoshu – qui date du 7e siècle ! Et c'est tout un symbole.

Géopolitique d'un nom poétique

Le Premier ministre Shinzo Abe, qui en fait a choisi ce nom, est connu pour son nationalisme et il a voulu se démarquer d'une tradition jugée trop favorable à la culture chinoise alors que Pékin est de plus en plus perçu comme un adversaire du Japon.

Vous voyez, la géopolitique se niche partout. Il n'est pas allé jusqu'à modifier une tradition tout aussi ancienne et qui consiste à écrire le nom de la nouvelle impériale en caractère chinois. Enfin, les calendriers japonais s'inspire toujours de la Chine.

Le Japon est le seul pays au monde à continuer d'utiliser les vieux calendriers chinois qui comptent en ère impériales. Par exemple, on est en 2019 mais pour les Japonais – qui utilisent les deux systèmes calendaires – on est aussi dans la 31e année de l'ère Heisei.

Deux systèmes calendaires

Oui ; mais pas seulement : il va falloir éditer de nouveaux billets de trains, de nouvelles pièces et billets et adapter tous les logiciels du pays. En fait, on a un peu connu ça en Europe à l'époque où les monarchies étaient omniprésente : on parle d'ère victorienne.

En France, on a parle encore de « style empire ». Plus tard, on s'est mis à raisonner en décennies : les « 30 glorieuses », les « années folles » pour les années 20. Le Japon, lui, continue de se référer à ces ères impériales pour marquer les étapes de son histoire.

Il y a un détail qui m'a touché et qui dit beaucoup de la culture japonaise : l'ère Reiwa a été choisi dans un poème sur l'éclosion d'une fleur d'abricotier. Cette passion japonaise pour les fleurs de cerisiers, de pruniers, d'abricotiers, m'est très sympathique.

Le secret le plus absolu

Pour une raison simple : le nom des trois ères précédentes avait fuité dans la presse. Taisho, en 1912, dans le Asahi shimbun (6,5 millions d'exemplaires). Showa, en 1926, dans le Nishi Nishi et même Heisei, en 1989, dans les pages du Mainishi shimbun.

Donc, cette fois-ci toutes les précautions ont été prises même si un détail avait fuité – le choix d'un texte japonais plutôt que chinois. D'ailleurs, sur les réseaux sociaux chinois, les anciens syjets de l'Empire du milieu n'ont pas apprécié cette indélicatesse.

Surtout, ils n'ont pas bien compris le sens : en chinois « Rei » – qui se prononce ling – signifie l'ordre et « wa » peut dire « paix » ou « lui ». Ce qui donne : « quelqu'un ordonne la paix ». comment dire, ce n'est pas la même chose « qu'harmonie bienheureuse 

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