En haute mer à bord des chalutiers géants qui raclent le fond des mers

On connait la polémique : des chalutiers chaque fois plus grands, certains font jusqu'à une centaine de mètres de long et sont de véritables monstres pêcheurs, qui trainent derrière eux des filets, des chaluts, chaque fois plus larges. Certains de ces chaluts n'ont plus de filets que le nom : ils pèsent une trentaine de tonnes, sont installés sur les fonds marins sur plusieurs dizaines de mètres, parfois sur 150m de large et raclent tout sur leur passage. On les appelle des chaluts-boeufs. Par contre, on sait qu'ils sont très efficaces : à chaque mise à l'eau, des dizaines de tonnes de poissons sont pêchées. La polémique porte sur le côté indiscriminé de cette pêche et sur la destruction des fonds marins qui en résultent.

Rien de nouveau jusqu'à ce qu'une association d'archéologues marins, Wreck Watch International, pousse un cri d'alarme. L'archéologie marine en est encore au stade artisanal, même si de plus en plus de trésors sont repérés en mer et fouillés. Encore faut-il qu'il reste quelque chose à fouiller. Parce que ces chalutiers, ou plutôt ces bulldozers des mers, détruisent aussi des épaves centenaires. Des bateaux qui, depuis l'Antiquité, reposent sagement sur les fonds marins en attendant d'être réinventés par des archéologues passionnés. Or il se trouve que ces épaves très précieuses se trouvent souvent sur les chemins de dragage de ces super-chalutiers.

C'est notamment le cas pour deux sites particulièrement précieux : Doggerland au Royaume-Uni. Une plaine habitée au Mésolithique et aujourd'hui inondée que l'on a à peine fouillée et où l'on a déjà trouvé des centaines d'outils vieux de 8 000 ans.

Mais c'est surtout un site mythique pour les Japonais qui inquiète : en 1281, la flotte mongole de Kublai Khan coulait victime d'un ouragan au large de l'île de Takashima. Au cours des années, on a remonté des statues, des poteries, des armes. Or il se trouve que ces chalutiers-bulldozers s'approchent de plus en plus du site en question.

La revue de presse internationale__

Par une sorte de guerre des mots et des sanctions qui occupe la une des presses russes et turques.

Izvestia, à Moscou, rapporte que les tous les étudiants russes devront quitter la Turquie alors que l'ensemble des accords universitaires ont été annulés.

De la même façon, le journal en ligne Vzglyad raconte que les navires russes qui passent de la Mer Noire à la Méditerranée attendent l'autorisation des Turcs pendant des heures, voire des jours entiers. Ils naviguent en rond ou en zigzags pour gagner du temps. Le tout couronné de déclarations de Poutine accusant la Turquie de soutenir l'Etat islamique, en lui achetant de pétrole.

A la une de Zaman , quotidien d'Istanbul, ça donne des officiels turcs qui repoussent violemment en direct à télé des journalistes russes.

Le tout s'achève dans les pages du quotidien Hürriyet par « un vent de panique qui s'est emparé du tourisme turc devant cette escalade. Mais le pire est peut-être à venir : la Russie pourrait décider de couper le robinet du gaz alors qu'approche l'hiver. »

L'équipe
Mots-clés :
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.