La Chine publie sur Twitter une photo falsifiée d'un soldat australien tentant d'égorger un enfant afghan. Canberra exige des excuses. Mais l'affaire va plus loin et affecte l'armée australienne elle-même.

Direction l’Australie ce matin, épicentre d’une guerre d’image avec la Chine. 

Partons de l’épisode la plus récent : hier, le Guardian de Londres publie une photo datant de 2009 et prise en Afghanistan. Elle montre un soldat australien des forces spéciales, flouté pour l’occasion, buvant de la bière à même une prothèse de jambe. Une prothèse prélevée sur le cadavre d’un combattant taliban tué dans la province afghane d’Uruzgan où ces Forces spéciales australiennes, les SAS, avaient leur base. D’autres photos montrent les mêmes soldats dansant avec cette fameuse prothèse. 

Vous imaginez le scandale ! De l’Afghanistan à la capitale australienne, Canberra, le dégoût et la réprobation ont été quasi unanime. D’autant plus que ces images sont publiées dans un contexte difficile.

Un scandale dans le scandale

En l’occurrence, la publication la semaine dernière d’un rapport dévastateur sur ces mêmes Forces spéciales et leurs agissements en Afghanistan. Ce rapport, pourtant très censuré, conclut que ces troupes ont commis des crimes de guerre. Le rapporteur explique même que cela pourrait constituer "l’épisode le plus honteux de l’histoire militaire australienne". 

En clair, le rapport accuse 25 soldats australiens d’avoir exécuté 39 civils afghans, dont des adolescents, entre 2006 et 2013. Pour le moment 19 de ces soldats ont été mis en examen et ceux qui étaient encore d’active ont été écartés. C’est si grave que le 2e escadron des SAS, le plus coupable, a d’ores et déjà été dissous et ses citations militaires annulées.

La Chine s'en mêle

Devant le scandale, la Chine a décidé de s’en mêler… avec une image ! Lundi, un haut gradé du ministère chinois des Affaires étrangères, publie sur twitter la photo d’un soldat australien menaçant d’égorger un enfant afghan portant un agneau.

Cette photo est un montage grossier, mais elle a fait le tour du monde. Son auteur en rajoute sur l’hypocrisie des Australiens, défenseurs des Droits de l’homme, sauf quand ça les arrange. Même Twitter s’en mêle qui refuse de supprimer cette fausse photo.

Hier, le Premier ministre australien, Scott Morrison, a dû sortir du bois : devant un parterre de journalistes il a répété son dégoût devant une image qu’il a qualifiée de "répugnante" et surtout, il a convoqué l’ambassadeur de Chine exigeant des excuses…

Non ! Ça va très mal entre la Chine et l’Australie en ce moment. L’Australie s’est solidarisé avec les manifestants de Hong Kong et est l’un des pays qui ont le plus fermement condamné l’oppression de Pékin contre les musulmans Ouïgours.

La Chine a très violemment réagi avec des taxes à l’importation sur les vins, le charbon et toute une panoplie de produits australiens. Ce montage photo immonde est donc la dernière cartouche de cette guéguerre australo-chinoise qui ne va pas s’arrêter là.

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