Tout a commencé il y a quelques jours à peine par un simple article mis en ligne par un obscur quotidien de l'Ohio, le Cincinnati Enquirer.

Incontournable des tables américaines, le bacon va-t-il manquer ?
Incontournable des tables américaines, le bacon va-t-il manquer ? © Getty / angela auclair

L'article explique qu'en un an, les réserves américaines de bacon congelé avaient été presque divisées par quatre.

Pire: jamais ces fameuses réserves de bacon n'avait été aussi basse depuis un demi siècle. Premier effarement : les États-Unis ont bel et bien des réserves de bacon comme ils ont aussi des réserves stratégiques de pétrole, de gaz.

Bref de produits de première nécessité. Et le bacon du petit déjeuner des Américains en fait partie. Tout les fans de série américaines le savent : le bacon et les oeufs brouillés, c'est l'Amérique. D'ailleurs, sitôt l'article publié, il a été repris hier par tous les médias.

Télé, radio, journaux: tous l'ont repris et en insistant sur l'énorme consommation du pays, sur les prix qui ne faisaient qu'augmenter (+20% en un an) et évidemment sur ces réserves en chute libre.

Alors pourquoi ce vent de panique? C'est là qu'il faut avoir un petit peu de mémoire et d'expérience. Il se trouve que la dernière rumeur de pénurie, c'était il y a quelques mois en Grande-Bretagne, juste après le vote sur le Brexit.

Les journaux britanniques ont alors rapporté une prochaine pénurie de Marmite parce qu'un distributeur de cette pâte à tartiner de couleur marron, au goût... Britannique... refusait d'en stocker au prix qu'on lui demandait.

Même fausse inquiétude en Grande-Bretagne qu'aujourd'hui aux Etats-Unis. Mais surtout même phénomène, sur des produits identitaires – le bacon, inénarrable Marmite – en période d'incertitude, qu'inquiétude, comme avec le Brexit ou l'élection de Trump.

En vérité, les Américains ne vont même pas manquer de bacon. Parce que, certes les réserves ont baissé mais... ce ne sont que des réserves. La production de bacon, elle, ne s'est jamais si bien portée et les producteurs de porcs ont su s'adapter au quart de tour.

  • Dans la revue de presse: un article américain particulièrement cynique

Il est publié dans les pages opinion du webzine économique en ligne MarketWatch, et dont le titre est le suivant : « le moyen le plus facile du moment de gagner de l'argent : parier contre la France ».

« Le premier est empêtré dans un scandale impliquant son épouse, le 2ème veut imposer le revenu universel, la troisième veut sortir la France de l'euro et le quatrième promettait beaucoup comme ministre de l'économie et n'a pas fait grand chose ».

« Avec de tels candidats, il est a peu-près certain que l'économie française ne se sortira pas de sitôt du marasme. Les marchés s'en rendent compte et réclament déjà des taux d'intérêts plus élevés pour prêter à la France. Et comme ça ne devrait pas s'arrêter là, le meilleur conseil du moment est donc de parier contre la France ».

  • Une visite des presses grecque et turque

Parce que la tension monte en mer Egée entre les deux frères ennemis méditerranéens qui multiplient les provocations au large d'îlots possédés par la Grèce mais revendiqués par la Turquie.

On doit à la vérité le fait que ce sont les Turcs qui ont multiplié les provocations : envoi d'une flotte au large de l'îlot d'Imia par les Turcs, violations répétées de l'espace aérien grec : I Kathimerini à Athènes en a compté 10 rien que pour la journée d'hier.

Côté turc, dans les pages de Hurriyet, on assure que la Turquie ne cherche pas le conflit mais qu'elle « ne pliera pas devant le fait accompli ». Le fait accompli, c'est le passage du ministre grec de la Défense au dessus des îlots contestés. Bref, c'est inquiétant.

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