Commentaires et analyses

La presse internationale avait réagi à la condamnation de Nicolas Sarkozy ? D’une part, les grands quotidiens du monde se sont fendus d’un article. Le plus souvent factuel. D’autre part, ils l’ont tout aussi souvent enterré dans les pages intérieures : Nicolas Sarkozy, c’est tout de même de l’histoire ancienne, française et compliquée.

Restent les titres qui, écrits en anglais, espagnol, italien, allemand, ne prennent aucune précaution. Le Temps de Genève qui titre « Sarkozy assommé par la justice ». La Suddeutsche Zeitung de Munich qui, avec cruauté, écrit « l’État, ce n’est plus moi ».

Le Washington Post qui, dans un anglais clinique, titre : « L’ancien président Nicolas Sarkozy coupable de corruption et condamné à un an de prison ». Le Guardian de Londres, comme un couperet : « Nicolas Sarkozy, condamné à de la prison pour corruption ». La traduction en français rendant mal la dureté du vocabulaire utilisé en anglais.

Des commentaires assassins sur cette sentence

Celui de la Deutsche Welle par exemple qui titre « en France, personne n’est au-dessus des lois » et poursuit, avec ironie : « ce n’est pas comme si Nicolas Sarkozy devait partager une cellule avec des dealers de drogues et des voleurs de poules ».

« Il devra porter un bracelet électronique, dans le confort de son domicile, entouré de son épouse, l’auteure-compositrice Carla Bruni, qui pourra à la guitare lui chanter quelque chose comme : « tu peux faire tant de choses tant que tu n’es pas pris ».

Il y a aussi Le Soir de Bruxelles qui s’en remet à La Fontaine : « selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de Cour vous rendront blanc ou noir » pour aussitôt contredire le poète : « ce lundi, une présidente de tribunal a fait mentir cet adage ».

Et le grand quotidien francophone ajoute : « et avec une force de frappe spectaculaire au vu du rang et de la personnalité de l’accusé ». Nicolas Sarkozy « a été condamné de façon implacable par la qualification des faits commis : pacte de corruption ».

Il y a le Guardian de Londres qui raconte le moment du verdict : « lorsqu’il est tombé, il a réduit l’assistance à un silence médusé : Nicolas Sarkozy venait d’être condamné à trois ans de prison. Une condamnation dramatique, inattendue et historique ».

Il y a le New York Times : « jusqu’à ce lundi, seul un président français avait été condamné, Jacques Chirac. Mais Nicolas Sarkozy est le premier ex-président à assister en personne à son procès depuis 1945 et le premier à être condamné pour corruption ».

Une voix dissidente

L’éditorial du Temps de Genève qui pose une question intéressante : « Un politique peut-il, aujourd’hui, sortir innocenté d’un procès ? Les juges ne ressentent-ils pas le besoin de condamner pour l’exemple malgré les arguments avancés durant les audiences, et les éléments parfois insuffisants d’un dossier ?

« Le fait est que l’ancien magistrat Gilbert Azibert n’a pas obtenu le poste qu’il convoitait. Le fait est que les conversations entre l’ex-président et son ami avocat Thierry Herzog sur la ligne clandestine « Bismuth » pouvaient être interprétées différemment »

Et le journal suisse de conclure : « ce jugement sévère s’impose comme un avertissement : l’heure est venue d’en finir en France avec ce principe d’exemplarité qui divise juges et dirigeants élus ». Une vraie voix adjacente donc… 

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