La victoire d'Erdogan en Turquie fait évidemment la une de toute la presse turque

C'est une image que partagent presque tous les quotidiens turcs : celle de la carte électorale d'hier . Le parti du président Erdogan règne sur l'immense majorité du pays, avec au centre des scores atteignant parfois 75% comme dans la région de Konya. Seules les régions côtières et le cœur du Kurdistan se distinguent, les premières en votant à gauche, la seconde en apportant ses voix au Parti pro-kurde HDP. Ce qui fait dire au grand quotidien Hurriyet que « la stratégie d'Erdogan est un succès ». « C'est lui qui a poussé pour que de nouvelles élections soient organisées, c'est lui qui sciemment a pris des risques pour le pays et en focalisant l'élection d'hier non sur les problèmes économiques mais sécuritaires. Une stratégie payante. »

La presse néo-zélandaise ce matin s'est bardée de noir, la couleur des All Blacks , et c'est l'image du joueur SBW donnant sa médaille d'or à un gamin qui fait toujours la une (dans le monde entier). Le joueur, je vous rassure, a reçu une nouvelle médaille d'or.

On va rester dans le sport, mais en Italie cette fois. Dans les pages de La Repubblica, les propos antisémites du patron de la fédération italienne de foot Tavecchio : « je n'ai rien contre les Juifs mais il vaut mieux les garder à distance ». Comment peut-il continuer à représenter l'Italie ?, s'interroge le quotidien.

Votre histoire du monde se passe aujourd’hui en Inde où les Patel se rebiffent

Cela demande un peu d'explications : les Patel sont de très nombreuses castes indiennes. Une caste de petits propriétaires terriens mais surtout de commerçants et de fonctionnaires. Bref, une caste de milieu de tableau, plutôt riche et influente.

Depuis plusieurs jours, ils manifestent dans l'Etat du Gujarat. Des manifestations qui ont fait une dizaine de morts tout de même. Que veulent les Patel ? Ils veulent être rétrogradés dans le système des castes indiennes.

Oui, oui vous avez bien entendu : les Patel veulent être considérés non comme une caste privilégiée, mais comme la dernière et la moins favorisée des castes indiennes : les fameux intouchables ou Dalits, comme on dit en Inde.

Pourquoi cette drôle de demande ? A cause du système indien de discrimination positive : pour permettre l'élévation sociale des Intouchables, le gouvernement indien a réservé, dès l'Indépendance, des places dans les universités et dans l'administration du pays. Souvent la moitié des places.

Ce système, appelé « réservation » fonctionne parfaitement. Aujourd'hui, le niveau d'éducation des Dalits s'est énormément amélioré et ils commencent à occuper de plus en plus de postes de petits ou moyens fonctionnaires.

Or, ce sont précisément ces portes qu'occupaient les Patel. Autrement dit, les pères Patel partant à la retraite voient leurs postes bien tranquilles et bien payés passer entre les mains non de leurs fils, comme depuis toujours, mais de Dalits inconnus.

Pour eux, c'est donc de la concurrence déloyale. Ils exigent donc que le système de discrimination positive soit abandonné, ce qui reviendrait à un suicide électoral pour n'importe quel politique (les Intouchables représentent un quart de la population et donc de l'électorat).

Comme les Patel savent qu'ils ne pourront pas l'obtenir, ils exigent donc d'être ravalés au rang d'Intouchables pour, eux aussi, bénéficier de l'éducation gratuite, de places réservées dans les universités et de postes assurés dans l'administration.

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