Je ne sais pas si on peut imaginer ville plus paumée que Pacaraima.

Imaginez un territoire grand comme la Corse pour à peine plus de 11 000 habitants. Tout là haut, tout au nord du Brésil, là où il n'y a ni plage, ni samba, il n'y a quelques indiens d'Amazonie qui font partie du paysage local, des 4x4 mais pas d'industrie, pas de touristes, rien.

Et pourtant depuis quelques années et surtout depuis quelques mois, Pacaraima est une devenue une vraie ruche. Les épiceries sont pleines à craquer de sacs de riz, de farine, de bidons d'huile, de semoule, de maïs, de boîtes de conserve de toutes sortes, à tel point qu'on ne sait plus où les stocker et surtout, elles ne désemplissent jamais ! Nuit et jour !

C'est au point que quatre des sept bouchers de la ville ont décidé d'arrêter l'équarrissage pour eux-aussi faire de l'épicerie de gros ! Le coiffeur de Pacaraima a lui aussi arrêter les indéfrisables pour vendre des sacs de farine. Même l'hôtel du coin s'y est mis : le lobby sert d'entrepôt, la réception de tiroir caisse et les grooms de livreurs. La ville semble prise d'une frénésie d'achat et de vente ! Et évidemment la population ne cesse d'étoffer attirée par le travail et les dollars.

Alors que se passe-t-il ? Ont-ils trouvé de l'or ou du pétrole ? Mieux : ils ont trouvé des Vénézuéliens !

Pacaraima se trouve en fait quasiment à cheval sur la frontière vénézuélienne. Depuis toujours, ce sont les Brésiliens qui vont travailler ou se faire soigner côté Vénézuélien. Le Vénézuéla, c'est le pays le plus riche d'Amérique latine : ils ont les premières réserves de pétrole au monde. La différence de niveau de vie était tellement importante que les Brésiliens inscrivaient leurs enfants dans les écoles publiques vénézuéliennes.

Mais ça c'était avant Chávez et surtout Maduro, l'actuel président. En quelques années, il a réussi à ruiner un émirat pétrolier ! Aujourd'hui, les pénuries sont tellement énormes au Vénézuéla, où l'inflation atteint de 700 à 1000% par an, que le chemin s'est inversé.

On ne trouve plus rien côté vénézuélien : plus de produits de base dans les magasins, plus de médicaments dans les pharmacies, plus rien : alors, les Vénézuéliens font des centaines de kms pour venir s'approvisionner à Pacaraima.

Au début, les affaires augmentaient régulièrement. Les commerçants se tenaient au courant des pénuries partielles du grand voisin. Mais depuis quelques mois, c'est la folie : tout se vend, tout s'achète et ce n'est qu'un début, semble-t-il.

Mieux encore : les Vénézuéliens viennent chercher du travail à Pacaraima ! Eux qui étaient si fiers de leur richesse viennent aujourd'hui mendier du travail. Ils seraient 30 000 à déjà peupler la région qui risque d'être bientôt débordée par le phénomène.

  • Une revue de presse israélienne

Un édito qui fait la une de Yediot Aharonot, et qui m'a surpris parce qu'il prend le contre pied de ce qu'on a tous pris l'habitude de dire sur Barack Obama et il est titré ce texte : « la politique étrangère d'Obama est un succès ».

Sa stratégie si prudente a en fait effectivement réussi à affaiblir la Russie et a conduit à l'élimination d'éléments radicaux clés au Moyen-Orient. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si Vladimir Poutine soutient Donald Trump. Jouer les durs n'a rien à voir avec le leadership ; négocier et dialoguer ne sont pas un signe de faiblesse. Penser que la fièvre Est la maladie est une illusion qui conduit beaucoup de commentateurs à se méprendre sur la politique d'Obama.

Un édito qui rappelle que c'est au belliqueux George Bush et à son invasion de l'Irak que l'on doit la montée en puissance de l'Etat islamique et qu'à l'inverse la politique d'Obama (ne pas envoyer de troupes au sol) a privé les islamistes d'un argument de propagande.

Et vous voulez que je vous dise : je suis parfaitement d'accord avec cette analyse qui va à l'encontre de tout ce qu'on dit en ce moment, y compris en France : discuter, signer des accords – comme avec l'Iran – et réfléchir, c'st cela rendre service à l'humanité.

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