Pourquoi le pape François, 83 ans, refuse-t-il de porter un masque en public ? Problème religieux ou de santé personnelle ? La presse se perd en conjectures.

Le Pape François, le 28 octobre 2020
Le Pape François, le 28 octobre 2020 © AFP / Tiziana FABI

Direction le Vatican ce matin, pour une audience avec le pape François... Mais une audience sans masque, s’il vous plaît ! Depuis quelques jours, la presse internationale a remarqué que Sa Sainteté le pape François ne portait pas de masques. 

Les commentaires ont commencé à prendre corps dans la presse espagnole. Le Premier ministre Pedro Sánchez se rendait en visite officielle au Vatican le 24 octobre. La délégation espagnole est arrivée masquée, comme il se doit et… Surprise ! En présence du pape, personne ne portait plus de masques, y compris le souverain pontife. Évidemment, la presse espagnole a commencé à s’en prendre à Pedro Sánchez, l’accusant de mettre en péril la vie d’un pape pour les caméras.

Papoter sans masque avec des évêques

A la grande surprise de la presse espagnole, c’est le Vatican – un peu gêné d’ailleurs - qui a répondu en expliquant que Pedro Sánchez n’avait fait que suivre les règles vaticanes. Le reste de la presse a alors embrayé et scruté les sorties papales.

Pour se rendre compte qu’en fait, le pape François ne met pratiquement jamais de masque. Par exemple, le jour suivant la réception espagnole, le 25 octobre, le pape a reçu des dizaines de fidèles en audience collective, mais toujours sans masque. 

Il a salué une demi-douzaine d’évêques non-masqués en leur serrant la main et en prenant le temps de converser avec eux. Je rappelle que François a 83 ans et qu’il lui manque une partie d’un de ses poumons suite à une opération lorsqu’il était plus jeune.

Une commission papale Covid19 embarrassée

Les papologues se perdent en conjectures ! Le pape François n’est pas Donald Trump ou Jair Bolsonaro ! Certains pensent que ses difficultés pulmonaires lui rendent le port du masque difficile. D’autres supputent une sorte de "bravura" argentine : ce n’est pas la première fois qu’il tient à montrer que sa vie de pape n’est rien à côté de ce qu’il a subi et vécu dans les faubourgs de Buenos Aires, lorsqu’il en était l’archevêque et qu’il était connu pour son engagement quotidien auprès des plus pauvres.

Cette bizarrerie papale devient chaque jour plus intenable. Au Vatican, une commission travaille en ce moment sur les règles à adopter par l’Eglise en période de Covid19. Son rapporteur, Augusto Zampini, a de plus en plus de mal à expliquer cette Sainte bouderie.

Des Gardes suisses testés positifs

Imaginez : le Vatican, c’est 600 personnes qui y vivent, dont une tripotée de cardinaux âgés et parfois souffreteux. Mais surtout des centaines de prêtres, visiteurs ou employés qui tous les jours vont et viennent entre leur domicile romain et la Cité vaticane.

Pas plus tard que le mois dernier, 13 gardes suisses ont été testés positifs à la Covid19. Un autre cas positif a aussi été relevé à la résidence Sainte Marthe où François vit. Enfin, le 5 octobre, le pape a rencontré un archevêque diplomate lui aussi testé positif.

En regardant bien, le pape François n’a été vu masqué que le 20 octobre dernier, alors qu’il assistait à une messe œcuménique avec le patriarche orthodoxe Bartolomé 1er, à Rome. C’est-à-dire en territoire italien, où il est tenu de respecter les règles sanitaires.

En fait, la raison d’une telle négligence pourrait être tout bêtement religieuse. Le rôle premier d’un pape est de porter La Parole Divine. Un rôle impossible à tenir lorsqu’on est masqué et socialement distancié de son troupeau de premier berger du Catholicisme.