A New York, le président français a tout fait pour que ses homologues iraniens et étasuniens se parlent, même par téléphone. Echec. Mais il fallait le tenter.

A New York, Emmanuel Macron a tout fait pour que ses interlocuteurs iraniens et étasuniens se parlent
A New York, Emmanuel Macron a tout fait pour que ses interlocuteurs iraniens et étasuniens se parlent © Getty / Stephanie Keith

Un « scoop » de la presse américaine qui vient éclairer une forme de diplomatie de couloir. Un « scoop » en deux temps et qui nous concerne en plus : d'abord le prestigieux New Yorker puis le New York Times.

De quoi s'agit-il ? Nous sommes mardi dernier 24 septembre en pleine nuit new-yorkaise et surtout en plein semaine de l'Assemblée générale de l'ONU, le lieu de toutes les rencontres diplomatiques, fortuites ou savamment organisées.

Cette nuit-là, devant les chambres de la délégation iranienne au Millenium Hilton, un homme fait le pied de grue accompagné de quelques conseillers : Emmanuel Macron.

Les Iraniens circonspects

Non, c'est cela qui est palpitant : il tente un coup ! Il est arrivé au dépoté et, depuis le couloir, il fait passer des messages à Hassan Rohani. Que disent ces messages ?

Qu'il suffirait au président Rohani de sortir de sa suite et de suivre les Français dans un lieu convenu d'avance et sécurisé où l'on a pris soin de placer un haut parleur pour converser avec le président des Etats-Unis d'Amérique, Donald Trump.

Emmanuel Macron patiente dans le couloir ; Donald Trump patiente au bout du fil ; les minutes passent, les messages aussi et puis finalement... Rien : chou blanc ! Hassan Rohani refuse cet appel téléphonique nocturne qui a des allures de roman d'espionnage.

Les bonnes raisons de Rohani de refuser l'entretien

Il y a plusieurs raisons. D'abord, les entretiens de Donald Trump avec des dignitaires étrangers ont tendance à finir retranscris dans la presse ces jours-ci. Ce qui n'incite pas à renouveler l'expérience.

Mais surtout, si Hassan Rohani avait accepté, il pouvait être certain que, de retour à Téhéran, les durs du régime lui seraient tombés dessus.

Alors que si l'histoire de cette tentative de coup de fil raté venait à être connue – ce qui donc est le cas – c'est Donald Trump qui passerait pour le plus désespéré des deux ! Donc rien à gagner à accepter de papoter avec le Donald ; tout à gagner à refuser.

Donald Trump rêve de surclasser Obama

La réponse s'appelle Barack Obama : la dernière fois qu'Hassan Rohani a parlé avec un président américain, c'est précisément au téléphone, en marge de l'Assemblée générale de l'ONU, en 2013 et avec Barack Obama. Or Trump rêve de surclasser Obama.

Donc Trump rêve d'un coup à l'international qui éclipserait le prestige et le prix Nobel de son prédécesseur. Le problème, c'est que rien ne lui réussit : avec la Corée du Nord, rien ; avec la Chine, pas grand chose ; le Vénézuéla, un fiasco...

Restait donc l'Iran et c'est encore raté. On pourrait aussi conclure que le vrai dindon de cette farce irano-américaine, c'est Emmanuel Macron.

Mais, je ne le pense pas : il faut essayer, encore et toujours même si cela signifie faire le pied de grue, la nuit tombée dans le couloir impersonnel d'un hôtel new-yorkais.

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