La journaliste arabe-israélienne Lucy Aharish et l'acteur juif-israélien Tsahi Halevi se sont mariés il y a quelques semaines. Une union qui continue de déchaîner les foudres...

Mesa el Kheir, en arabe, cela veut dire bonsoir...

La voix féminine que vous entendez dans cette chanson est celle de Lucy Aharish.  Journaliste, elle a pour particularité d’être une des très rares journalistes arabes israéliennes à travailler pour une télévision en Hébreu. Arabe, israélienne et accessoirement musulmane, elle a l’habitude de saluer son public tous les jours en leur disant bonsoir dans les deux langues, "erev tov" (bonsoir en hébreu) et "mesa el kheir" (bonsoir en arabe). 

Et ça ne plait pas à tout le monde, notamment à un de ses détracteurs qui vient de lui envoyer une lettre dans un hébreu extrêmement châtié, où il l’invite, "puisqu’elle aime tant parler arabe", à aller "parler directement à la lunette de ses toilettes", ou d’aller "se faire voir sur Al-Jazira". 

Et comme elle en a marre, Lucy Aharish s’est dit qu’il fallait en faire quelque chose de cette lettre. Elle l'a donc mise en musique. Une chanson qui est devenue virale cette semaine !

Duo conjugual

Et la voix masculine qui chante cette chanson n'est pas anodine. Il s'agit du propre mari de la journaliste. Car Lucy Aharish s’est mariée tout récemment, et pas avec n’importe qui. Il s’appelle Tsahi Halevi et lui est une star, acteur vedette de la série Fawda, l’équivalent du Bureau des légendes. Il est juif israélien. Or, en Israël, les mariages inter-religieux font scandale.

En Israël, l’union civile n’existe pas. Lorsqu'on n'appartient pas à la même communauté religieuse, il faut aller à l’étranger, à Chypre généralement, pour se marier. Toutes les communautés en Israël, juive, chrétiennes, musulmanes, sont majoritairement hostiles à ces mariages. Un vrai tabou dans la société, qu'ont donc fait exploser Lucy Aharish et son mari, premières personnalités connues à ainsi s’afficher. 

Un tollé politique

Le ministre de l’intérieur a condamné ce mariage. Il a appelé Lucy Aharish à se convertir au judaïsme pour le bien de ses enfants, et tonné contre « l'assimilation, » qui, selon lui, « consume le peuple juif ». Un député du Likoud, le parti de Benyamin Netanyahou a lui accusé Lucy Aharish d’avoir sciemment séduit un juif pour affaiblir Israël. 18 % des israéliens sont des arabes israéliens, mais le nombre de mariages inter-communautaires ne dépasse probablement pas 1%. Lucy Aharish et son mari ont dû cacher leur intention de se marier à leur famille, et le mois dernier, l’annonce de leur mariage avait déjà déchaîné les foudres. La mise en musique de cette lettre d’insulte cette semaine a relancé le débat… plus que jamais à vif dans la société israélienne.

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