Direction Istanbul, où, une fois de plus, il est question de détruire au bulldozer un jardin historique...

Imaginez des petits potagers urbains cultivés amoureusement au pied de remparts millénaires par des centaines de jardiniers amateurs. Bienvenue dans les jardins de Yedikule, à Istanbul donc : un véritable paradis niché au bas des murailles de Théodose.

Ces murailles protègent l'antique Constantinople depuis le IVème siècle et sont classées au patrimoine mondial de l'Humanité par l'UNESCO. Pas les jardins cependant alors qu'on soupçonne qu'ils sont installés là depuis 1 500 ans.

Je rappelle que la plupart des mégapoles européennes rêveraient d'une telle tradition : à Paris, Berlin, Londres ou New York, on réinvente ces potagers collectifs ou jardins ouvriers. Des restaurants renommés s'y approvisionnent au nom d'une utopie écolo.

Eh bien à Istanbul, rien de tout cela : la municipalité rêve, elle, de les détruire pour y installer un parc d'attraction et d'activité avec, assurent les élus, un jardin pour que les stambouliotes puissent s'y délasser.

N'est ce pas plutôt une opération immobilière classique ? C'est un peu ce que se disent les jardiniers de Yedicule. Istanbul est en plein boom immobilier et les terrains en question sont situés pile dans une zone où le moindre m2 vaut de l'or. Pour l'instant, ces jardins ne rapportent rien sinon un modeste loyer annuel.

Les ennuis pour les occupants – légaux, je le rappelle – ont d'ailleurs commencé lorsque la municipalité a voulu multiplier par dix ce fameux loyer. Les jardiniers de Yedicule se sont rebiffés, ont porté plainte et ont obtenu gain de cause devant le tribunal. C'est alors que la municipalité, vexée, est passée aux grands moyens : l'arrêté d'expulsion pur et simple. Les jardiniers avaient jusqu'en mars pour déguerpir. Mais devant le début de mobilisation, les bulldozers ont anticipé et commencé leur sale boulot la semaine dernière.

La municipalité d'Istanbul est en train de détruire un des derniers espaces de maraîchage urbain d'Europe . Et avec, une merveille culinaire : la fameuse laitue de Yedicule, célèbre dans toute la ville pour son petit goût poivré.

Mais la mobilisation commence à prendre de l'ampleur. La dernière fois qu'on avait voulu détruire un jardin stambouliote, le parc Gezi, ça s'était terminé par des émeutes. Espérons pour les paysans Yedicule que les mêmes causes produisent les mêmes effets.

Une revue de presse américaine, ou plus exactement clintonienne

Parmi les centaines de commentaires de la presse états-unienne sur le caucus de l'Iowa, j'ai isolé ceux sur la victoire étriquée d'Hillary Clinton avec cette question : « est-ce une bonne ou une mauvaise nouvelle pour elle ? »

hilary clinton
hilary clinton ©

Pour le New York Times , clairement, c'est une catastrophe :« ce qui s'est passé dans l'Iowa montre que son emprise sur le parti républicain a perdu de sa superbe » . Elle était largement favorite, elle se retrouve ex-aequo et c'est inquiétant pour la suite.

« Les résultats de l'Iowa ont démontré une fois de plus qu'elle était une candidate affaiblie voire décrédibilisée ». C'est d'autant plus dur que le New York Times la soutient.

Pour le Los Angeles Times , le New Hampshire ne s'annonce guère mieux.« Sanders y fait la course en tête et l'Iowa vient de priver Mme Clinton de tout confort pour la suite. La bataille côté démocrate sera donc plus longue que prévue même si le Nevada et la Caroline du Sud devraient lui être favorables ».

Le Washington Post , pour sa part, trouve très injuste le sort réservé à Mme Clinton : « question : quand peut-on dire qu'une victoire n'est pas une victoire ? Réponse : quand celle qui l'emporte s'appelle Hillary Clinton. »

Mme Clinton a battu Sanders, elle a obtenu plus de voix que n'importe quel candidat républicain, elle est la première femme à vaincre en Iowa et, cependant, tous les commentateurs faisaient hier la fine bouche.

L'équipe
Mots-clés :
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.