Direction la Suisse pour une histoire de homard au court-bouillon

Homards
Homards © Getty / Portland Press Herald

On le sait, partout en Europe, les lois se durcissent pour mieux prendre en compte ce qu'on appelle « bien-être animal ». En France, par exemple, la loi de 2015 stipule que « les animaux sont des êtres vivants doués de sensibilité ».

Ça change pas mal de chose et oblige les éleveurs, les transporteurs, les abattoirs à de nouvelles pratiques pour épargner les souffrances inutiles. C'est une vraie évolution de nos sociétés. Eh bien les Suisses ont voulu faire mieux encore, aller plus loin.

Ils veulent une bonne fois pour toute régler son compte à une des pires maltraitances animales, une des plus barbares, une des plus silencieuses aussi parce que l'animal en question ne crie pas, ne se plaint pas : celle du homard plongé dans l'eau bouillante.

Donc plus de homard du tout : il n'y a pas d'autres moyens de le cuire !

Si, si si... est en Suisse, donc on va trouver un compromis. La confédération importe tout de même 130 000 homards par an. Tous d'ailleurs, parce qu'il faut de la mer pour avoir des homards. Donc l'idée, c'est d'étourdir le homard avant de l'ébouillanter.

Le problème, c'est que les chefs suisses ne sont pas très convaincus. Le homard, pour être pour être bon, doit être « vigousse », c'est-à-dire qu'il doit absolument battre des pinces avant le plongeon final. Conclusion : les chefs suisses réfléchissent.

Pas question de se mettre en effraction, on est en Suisse. Donc réfléchissons. Planter un couteau dans la tête du homard ou le couper en deux vivant, c'est pas beaucoup mieux que l'eau bouillante. Il y a bien une solution : inciser le thorax de la bête.

Mais ça se défend un homard !

Exactement, donc c'est soit une boucherie assurée, soit les urgences. Alors il y a bien une autre solution : l'électrocution. Le homard nage dans le vivarium et bzzzz... un coup de jus, il est KO. Il y a même une machine suisse qui a été mise au point pour ça.

Ca s'appelle le « Crustastun ». Une machine spécialement adaptée pour la mort rapide des crustacés. Parce que, excusez-moi, mais la moule ou le bulot ont aussi des droits à faire valoir. Voire même l'huitre qui n'a pas demandé à être gobée vivante.

Comme le dit la conseillère nationale helvète Maya Graf : « «ces crustacés solitaires souffrent le martyre, car ils disposent d’un système nerveux complexe et sont donc sensibles à la douleur.» Ah la solitude du crustacé... En Suisse et nulle par ailleurs !

Votre revue de presse commence ce matin par le Mexique...

Où l'on connait une révolte des automobilistes s'étale à la une de tous les quotidiens du pays avec ce mot : « gasolinazo » ou « coup de bambou sur l'essence ». Comme El Informador, par exemple, qui parle d'indignation nationale devant la hausse des prix.

Plus 20% au 1er janvier et ça ne va pas s'arrêter là. Tout cela parce que le gouvernement a décidé de déréguler les prix de l'essence : réaction immédiate des Mexicains : panique à la pompe, manifs, échauffourées. Pourquoi une réaction si violente ?

Le Washington Post l'explique très bien : « malgré les narcos, la corruption, la violence, il y peu de sujet aussi sensible au Mexique. Parce que l'essence sert de jauge populaire d'inflation : si elle augmente, les Mexicains savent ou pensent que tout va augmenter ».

Un petit tour par l'Algérie maintenant, pour une autre révolte populaire...

A peu près sur le même sujet d'ailleurs : la vie chère, la dérégulation des prix. Et comme au Mexique, l'Algérie connait des manifs, voire des émeutes. C'est El Watan qui ce matin rapporte qu'une grève générale frappe depuis hier Béjaïa, en Kabylie.

Et dès le début de l'après-midi d'hier, des émeutes ont éclaté dans le quartier de Dawadji. Avec bombes lacrymogènes jetées par les forces de l'ordre contre « des centaines de jeunes prêts à en découdre ». La situation reste tendu dans toute la région.

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