Il s'agit d'une simple boite de petits soldats de plomb fabriquée en Russie et vendue en Lituanie, mais elle a déchaîné un vrai débat national sur l'Histoire et sa "distorsion". Une loi est même en discussion.

Lituanie : les petits soldats de la discorde
Lituanie : les petits soldats de la discorde © Getty / Daniel Limpi / EyeEm

On parle bien de vrais petits soldats de plombs, destinés aux enfants. Des petits soldats à colorier pour ensuite faire des batailles imaginaires. Le tout présenté dans des jolies boites, fabriquées en Russie par l'entreprise Zvezda. Un vrai succès à Noël dernier.

Le seul élément étonnant de ces boites de petits soldats de plomb à peindre est leur nom : « les soldats polis ». Il a fallu toute la méfiance et la perspicacité des Lituaniens dès qu'il s'agit des Russes pour percer le mystère de ce drôle de nom.

En fait, les « soldats polis », c'est le nom que donnait les médias russes aux soldats qui, en 2014, se sont emparés au nom de Moscou de la Crimée. Ce sont ces « soldats polis » qui ont annexé ce qui était un territoire ukrainiens. 

Des petits soldats de plomb lithuaniens pas si innocents

C'est donc une tentative très claire de rendre sympathique aux yeux des enfants de Lituanie, un membre de l'OTAN et de l'Union européenne, une opération militaire considérée comme illégale par la communauté internationale et qui vaut à la Russie des sanctions.

Il n'en fallait pas plus pour lancer un débat national sur l'histoire, la propagande russe et la façon de la contrer légalement. D'où l'idée de promouvoir une loi qui interdirait de vendre des produits qui « distordraient l'histoire lithuanienne ».

C'est directement la Russie qui est visée : elle est soupçonnée depuis que le pays est devenu indépendant en 1991 de vouloir réécrire l'histoire de l'occupation soviétique sous un jour plus favorable et, d'une façon générale, de vouloir déstabiliser les 3 pays baltes.

Les Russes n'en espéraient pas tant

D'une part parce que la minorité russe ne représente que 5% de la population lithuanienne, contre un quart de la population estonienne et un tiers de celle la Lettonie Donc, la Lithuanie n'est pas un objectif prioritaire pour Moscou.

Et d'autre part, parce que les Lithuaniens se sont piégés eux-mêmes dans ce débat sur leur Histoire récente. Pourquoi ? Parce que la communauté juive locale s'est aussi sentie visée par cette loi qui est en ce moment même en discussion au parlement lithuanien.

Si l'on pouvait désormais interdire tout objet qui « distordraient l'Histoire lituanienne », qu'en serait-il des livres qui reviendrait sur l'Holocauste et la participation de certains Lithuaniens à l'extermination des 200 000 Juifs locaux.

L'Holocauste, cet éternel tabou lituanien

Il est, encore aujourd'hui, difficile pour eux de condamner ceux des nationalistes lithuaniens qui se sont, à l'époque, alliés aux Allemands pour libérer leur pays du joug stalinien... Et dont un certain nombre ont été intégrés dans l'armée allemande.

Ensuite, il y a eu la population qui a plutôt bien accueilli les troupes du Reich et qui a parfois été indifférente, parfois complaisante avec la « solution finale » imposée par les Nazis. Tout cela est donc ressorti à cause d'une simple boite de petits soldats de plomb.

Au Japon, on tient peut-être l'explication de la défaite d'hier contre les Belges

Au bout du suspense, alors que les Japonais menaient 2 buts à 0 en début de seconde mi-temps. Et si la raison de cet échec retentissant se trouvait du côté d'un pêcheur de la petite ville d'Obira sur l'île d'Hokkaido ? La faute à M. Kimio Abe et à sa pieuvre Rabiot.

Or la pieuvre Rabiot, pêchée par M. Abe, a été capable de prédire le résultat de tous les matchs du Japon : contre la Colombie, le Sénégal et la Pologne. Sauf que Kimio Abe en a eu assez. Il a considéré que les divinations de sa pieuvre avaient assez duré.

Aussitôt dit, aussitôt découpée en sushis... Et ce juste avant le match contre les Diables rouges. La question est donc : Rabiot la pieuvre s'est-elle vengée de se retrouver ainsi trempée dans la sauce soja ?

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