C'est une fuite dans la presse britannique qui a révélé le pot-aux-roses.

Le Haut Commissaire Britannique en place au Ghana, un pays d'Afrique de l'Ouest voisin du Togo, s'est plaint auprès du président de l'Assemblée Nationale Ghanéenne.

Selon lui, au moins trois député Ghanéens ont profité de leur passeport diplomatiques pour faire obtenir des visas de complaisances pour des proches, parfois en mentant sur leurs noms, voire sur leurs liens de parenté eux. L'idée est toute bête : vous obtenez pour ce qui sensé être votre épouse ou votre nièce un simple visa de tourisme et ensuite, plus personne ne rentre au pays. Dans un cas, le visa ayant été refusé au député, ce dernier a changé son nom et demandé un visa à l'Irlande !

Alors pourquoi se fâcher maintenant ? Et surtout pourquoi avoir laissé filtrer l'information ? D'abord parce que ces pratiques semblent s'être répandues, surtout au Ghana, où je vous rappelle qu'il y a quelques mois, les Etats-Unis avaient démantelé une fausse ambassade ambassade américaine qui depuis 10 ans avait pignon sur rue et distribuait des visas.

D'autant que les abus viennent parfois des plus hauts dirigeants de ces pays. Paul Biya, président du Cameroun, a passé tellement de temps l'année dernière à Genève que ses compatriotes ont fini par l'appeler : le président de l'hôtel intercontinental.

Muhammadu Buhari, le président nigérian, a pour sa part passé des semaines entières en Grande-Bretagne pour des soins, le tout sans donner la moindre information et sans avancer de date de retour.

Je rappelle qu'il est sensé présider un pays de 200 millions d'habitants en guerre avec Boka Haram. Le tout bien sûr aux frais de leurs Etat respectif. Et le pire, c'est le président Zimbabwéen qui s'absente tous les ans pour plusieurs mois pour des vacances en Asie alors que son pays se débat avec une crise économique dantesque.

Et rien n'est fait pour corriger ces abus et ces privilèges. Pour les présidents et les députés, pas grand chose. Pour les plus fragiles, par contre, les sanctions peuvent être radicales. En Tanzanie, l'Etat s'est d'abord rendu compte que 20 000 fonctionnaires étaient payés sans effectuer le moindre travail : on les appelait sur place des « fonctionnaires fantômes ». Ils ont évidemment été viré en 2016. Mais en poursuivant l'enquête, les services anti-corruption se sont rendus compte qu'environ 10 000 fonctionnaires avaient falsifié leurs diplômes. Certains parfois leur certificat d'études primaire ou secondaire. Résultat 9 700 fonctionnaires de plus ont été mis à pied. Et visiblement l'enquête n'est pas finie dans un pays pauvre mais qui compte tout de même un demi million de fonctionnaires.

Une revue de presse en Grande-Bretagne

Et les pages du Guardian qui se pose cette simple question : que se sont réellement dit Theresa May et Jean-Claude Juncker au cours du dîner de travail qui a eu lieu ce weekend au 10 Downing Street ?

Depuis plusieurs jours les fuites ne cessent d'évoquer des conservations particulièrement aigres entre les deux équipes.Les fuites ont commencé dans la presse allemande : on y apprenait que Jean-Claude Juncker avait été particulièrement difficile. Remonté contre ce qu'il considérait comme une certaine arrogance britannique à ne pas vouloir payer l'addition du Brexit et a séparer les problèmes : d'un côté la libre circulation des citoyens européens et de l'autre, l'accès au marché européen.

C'est non sur toute la ligne. Une réponse considérée comme humiliante par le Guardian et suffisamment perturbante à quelques semaines d'élections législatives pour que la Première Ministre fasse savoir que Juncker allait vite comprendre à qui il avait à faire !

« Il peut compter sur moi pour être « a bloody difficult woman », une femme sacrément coriace ». C'est elle qui conduira in fine ces négociations. Ce à quoi Juncker aurait répondu qu'il ne savait pas avec quelle galaxie elle comptait négocier ». Ambiance !

Du côté de la Turquie

Pour un papier déniché dans les pages de Hürriyet, le quotidien Stambouliote : le président Erdogan a mis fin a une drôle de diète. Depuis 979 jours, il n'était plus membre de son propre parti, l'AKP. Pour une bonne raison d'ailleurs : le président qu'il est ne pouvait pas appartenir à un parti politique, quel qu’il soit. Visiblement c'était insupportable pour Recep Tayyip Erdogan qui y a remédié en grandes pompes hier.

Il a renouvelé son adhésion devant les caméras. C'est la première fois depuis 1961 qu'un président Turc adhère ainsi à une organisation politique et c'est une des possibilités offerte par le référendum gagné il y a quelques jours à peine.

L'équipe
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.