La Chine vieillit inexorablement, au point de "devenir vieille avant de devenir riche". Mais pour des millions de plus de 60 ans, l'avenir c'est surtout, comme en Occident, un solitude si peu "confucéenne"

Han Zicheng a 85 ans, vit à Tianjin, une grande ville du nord-est du pays et il y vit seul M. Han. Voilà le problème. Pour le moment, tout va bien : il fait toujours du vélo, il n'a aucune maladie grave et touche une bonne retraite : 6 000 yuans, environ 800 €.

Seulement voilà : son épouse est décédé et son fils unique vit loin. Alors il se sent seul, trop seul. Après avoir essayé de parler de sa solitude autour de lui, il a finit par prendre le dragon par les cornes et écrire une petite annonce qu'il a apposé sur un abri-bus.

« Homme dans les 80 ans – on a le droit d'être coquet – bien fait de corps et d'esprit, pouvant faire les courses, sachant cuisiner et prendre soin de lui même, ne voulant pas finir dans une maison de retraite, cherche une personne ou une famille pour l'adopter ».

Cette annonce a été vue par une voisine

qui l'a posté sur les réseaux sociaux, puis une chaîne de vidéo sur Internet est venue faire un reportage et, depuis 3 mois, le téléphone n'arrête pas de sonner. C'est le Washington Post qui ce matin raconte son histoire.

Le problème, c'est que M. Han ne veut pas n'importe qui : il a déjà raccroché au nez d'un ouvrier qui voulait l'adopter : M. Han est un ancien scientifique, pas question d'accepter le 1er venu. Il tient à garder son rang tout de même.

Reste que si le cas de M. Han est devenu si célèbre, c'est parce qu'il y en a des dizaines de millions qui comme lui vieillissent seuls. On appelle cela les « nids vides » et le phénomène est si important que la Chine a rendu obligatoire les visites parentales. La politique de l'enfant unique a en effet fait beaucoup de mal...

On dit d'ailleurs que « la Chine sera vieille avant d'être riche », c'est-à-dire d'avoir les moyens de prendre en charge ces millions de vieillards. Déjà 15% de la population chinoise a plus de 60 ans. En 2040, ce sera un quart : une bombe démographique.

C'est d'autant plus difficile que ces générations ont vraiment souffert : M. Han a été enfant pendant l'invasion japonaise, adolescent pendant les années de disette, adulte pendant la révolution culturelle et donc seul dans un monde qu'il ne reconnait plus.

La Chine est passée en 30 ans de l'arriération à un modèle de développement à l'occidental. Entre temps, le vieux modèle confucéen qui impose un respect absolu pour les anciens a été oublié. Et M. Han en est une victime non consentante.

Enfin, pour finir, partons en Irak pour prendre des nouvelles de l'homme à la chaussure.

Vous vous souvenez certainement de lui : il s'appelle Muntazer Al Zaidi, il est journaliste et c'est lui qui, il y a une dizaine d'années, avait lancé ses propres chaussures à la tête du président américain George Bush en pleine conférence de presse.

Les images avaient fait le tour du monde et sa colère l'ont rendu célèbre avant tout dans son propre pays et au Moyen-Orient. Eh bien, aujourd'hui il se lance en politique. Il promet de lutter contre la corruption et veut un Irak bien gouverné.

Mais ce qui est intéressant, c'est qu'il se présente pour une coalition de 6 partis qui ne veulent pas d'un Irak divisé en sunnites et chiites. Il veut un Irak pluraliste et démocratique. Réponse le 12 mai prochain pour les 4ème élections libres depuis 2003

L'équipe
Mots-clés :
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.