Par Franck Mathevon

Le Royaume-Uni se prépare à célébrer le 90ème anniversaire de la Reine

Mais parmi les initiatives, l'une d’entre elles fait polémique. Il s'agit d'une opération prévue ce weekend, un mois et demi avant l’anniversaire d’Elizabeth II, le 21 avril,e t plus de trois mois avant les célébrations officielles, en juin.Cela s’appelle Clean for the Queen , en français: Nettoyer pour la Reine , et le principe est simple : les citoyens sont appelés à nettoyer les rues du royaume en hommage à Elizabeth II .

On peut lire sur le site internet de cette opération : « Y a-t-il une meilleure manière de montrer notre gratitude à Sa Majesté que de nettoyer notre pays ? » Apparemment non ! Plus d’un million de personnes, selon les organisateurs, devraient participer àClean for the Queende vendredi à dimanche . Parmi elles, une centaine de députés. L’initiative est soutenue par David Cameron, des associations et quelques 200 collectivités locales.

À Londres, le maire Boris Johnson fournit des gants et des sacs poubelles pour que chacun puisse ramasser les papiers, les mégots, les chewing-gums qui souillent les rues de la ville.

soixante de règne pour elizabeth ii
soixante de règne pour elizabeth ii © reuters

Mais l’opération ne fait pas l’unanimité. C’est l’occasion pour les républicains de se faire entendre. Ils représentent 15% environ des Britanniques.

Exemple : la journaliste du Guardian Michele Hanson qui n’y va pas avec le dos de la pince à ordures.

Elle signe une tribune intitulée : « Plutôt nager dans des eaux usées que de nettoyer pour la Reine » . Hanson parle d’une opération de « radins ». Pour avoir des rues propres, écrit-elle, il faut « de l’argent pour financer des campagnes de prévention, des poubelles, et des employés bien payés » .

Voilà qui rejoint les arguments de Laurie Penny dans The New Statesman , un hebdo classé à gauche. Penny ramène le débat aux coupes budgétaires du gouvernement Cameron. On demande « au sous-prolétariat de nettoyer nos rues » mais on oublie de préciser qu’elles sont « sales parce que des employés municipaux ont été virés » .« Tenez-vous bien droit, les ploucs , conclut-elle, ironique. Récurez et souriez ».

Ces réactions et d’autres, sur les réseaux sociaux notamment, ont retenu l’attention du très conservateur Daily Mail .

L’éditorialiste Toby Young se dit indigné des remarques de ces « progressistes bien pensants » (bien pensant, en français dans le texte). « Ils préfèrent se moquer des efforts pour nettoyer la Grande-Bretagne plutôt que de se retrousser les manches » .

Et voilà comment la Reine, qui n’avait rien demandé à personne, a semé la discorde.

Dans la presse du jour, une interview d’Emmanuel Macron dans leFinancial Times

Le Ministre de l’Économie s’attarde sur les menaces de Brexit à quelques heures du sommet franco-britannique. François Hollande reçoit en effet David Cameron dans la Somme, ce jeudi.

Pour Emmanuel Macron, si le Royaume-Uni quittait l’Union Européen, les accords du Touquet qui placent de facto la frontière côté français seraient remis en question, et les migrants de Calais se retrouveraient en Angleterre.

Le ministre confirme ainsi ce que David Cameron a déclaré récemment. Les eurosceptiques avaient alors accusé le chef du gouvernement britannique de jouer sur les peurs.

Emmanuel Macron estime par ailleurs qu’un Royaume-Uni coupé de l’UE n’aurait plus accès au marché unique. Les relations commerciales avec la France seraient affectées. Il se dit prêt à dérouler le tapis rouge aux banquiers fuyant la City de Londres.

Le débat sur le Brexit fait la une d’autres journaux, comme à peu près tous les jours depuis l’annonce d’un référendum en juin. Le Daily Telegraph fait sa une sur les propos de Stuart Rose, l’ancien patron de Marks and Spencer , et chef de la campagne pour le maintien dans l’UE. Il aurait fait le jeu des eurosceptiques en admettant hier que les salaires augmenteraient en cas de Brexit, et que les niveaux d’immigration resteraient élevés si le Royaume-Uni restait au sein de l’Union européenne. Les pro-UE se rassurent en lisant le Guardian . Rolls-Royce a écrit à tous ses salariés en Grande-Bretagne pour leur dire qu’une sortie de l’Europe augmenterait les coûts de production. Le journal s’est procuré cette lettre. Et ce n’est évidemment pas un hasard. Chaque camp alimente la presse pour servir ses intérêts. Et ça va durer jusqu’en juin.

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