Les belligérants : à gauche le petit peuple de « trufalau », les ramasseurs de truffes, à droite, le roi de pâte à tartiner, Nutella.

Truffe blanche
Truffe blanche © Corbis / DEA / R. ROSSO

Le champ de bataille est un minuscule territoire du Nord de l'Italie, serré autour de la ville d'Alba : le Langhe. Or c'est là que l'on trouve le « saint des saints » de la gastronomie, selon Dumas, ou « le Diamant des gastronomes » selon Brillât-Savarin.

La truffe blanche, un trésor plus coûteux au gramme que notre truffe noire du Périgord ! Or depuis toujours, ces truffes blanches appartiennent à ceux qui les ramassent sur les terrains communaux.

Autrement dit, tout un chacun, avec un peu de d'expérience du terrain truffier, peut se faire quelques centaines ou quelques milliers d'euros à l'année.

La famille Ferrero, qui produit la fameuse pâte à tartiner, est originaire de la région. Dans un souci d'aider les paysans du coin, Ferrero leur achète à très bon prix leurs noisettes, indispensables à la recette du Nutella. Du coup, les paysans ont défriché à tour de bras pour planter des noisetiers. En 25 ans, les forêts à truffes ont perdu un tiers de leur surface, menaçant les truffes blanches et le petit complément de revenu des « trufalau » de la région.

Pour être juste, il faut dire qu'il n'ont pas de chances les « trufalau » : le Langhe se trouve être aussi à cheval sur les terres du vin d'Asti, le fameux « spumante », une autre gloire pétillante de la gastronomie italienne.

Comment se défendre contre contre Asti et Nutella ? D'abord, en s'organisant en association de trufficulteurs amateurs. Ensuite, en levant des fonds sur internet, via le crowd-funding, pour préserver 6 coins à truffes de l'appétit des viticulteurs et de Ferrero.

Pour le moment, ils ont récolté 10 000€ sur un objectif de 50 000€. Et si vous voulez les aidez, il y 2 moyens : allez sur internet pour verser votre obole ou alors, vous rendre au festival de la truffe blanche, à Alba. C'est le 8 octobre prochain.

  • Une revue de presse consacrée au référendum sur la paix en Colombie

C'est le choc : après quatr années de négociations, des milliers de pages et un accord signé devant le ban et l'arrière ban des nations sud-américaines et de l'élite colombienne le « non » à l'accord de paix du 24 août s'est imposé de quelques milliers de voix.

Que s'est-il passé ? Première réponse dans les pages du quotidien El Tiempo, le premier de Colombie : les Colombiens ont très mal pris le triomphalisme des Farcs qui, sitôt l'accord signé, ont commencé à diffuser des vidéos quasi électorales défendant leur cause.

Plutôt que de faire profil bas, après 52 ans de conflit et plus de 260 000 morts, les Farc ont paradé et multiplié les interviews en prime time. Erreur. Et puis, toujours selon El Tiempo, des années de conciliabules, et surtout de violence continue ont épuisé les Colombiens et ont accrédité l'idée qu'on l'on avait trop cédé aux guérilleros.

Enfin, et c'est l'hebdo Semana, qui le souligne, les tenants du « oui » ont fait confiance aux sondages qui, tous, donnaient une écrasante victoire du oui. Une fois de plus, comme partout dans le monde, les sondeurs se sont lourdement trompés.

Leurs savants algorithmes ne savent pas mesurer la profonde révolte contre les élites qui traverse le monde et qui défait, élection après élection, tout ce qui semble raisonnable : les peuples souffrent, les inégalités gagnent et ça n'a rien de raisonnable. El Espectador.

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