Entre Jair Bolsonaro et Emmanuel Macron, on le sait, les relations sont plus que tendues. C'est l'heure de la diplomatie à fleuret moucheté.

Emmanuel Macron et Jair Bolsonaro
Emmanuel Macron et Jair Bolsonaro © AFP / EVARISTO SA, JOHN THYS

Au Brésil, la guerre des mots se poursuit entre Emmanuel Macron et Jair Bolsonaro. Avec une petite nuance : cette guéguerre un peu vaine qui oppose les deux présidents et qui, en toute objectivité, a commencé par les allusions graveleuses du Brésilien à l'encontre de Brigitte Macron, cette guéguerre donc prend un tour diplomatique.

Je m'explique. On est passé de l'affrontement d'hommes à homme à celui plus feutré mais tout aussi spectaculaire de la guerre des communiqués diplomatique et il faut bien dire que, dans ce domaine, le fait d'être une vieille puissance diplomatique a du bon :

Par exemple, hier, les services de l'ambassade diffusait un communiqué expliquant que la France, avec 35,6 milliards de reais ou si vous voulez près de 8 milliards d'euros, avait été le 1er investisseur étranger au Brésil au 2e trimestre 2019. Je dis ça, je dis rien !

Le tweet diplomatique est de sortie

Alors que les investisseurs fuient l'Argentine voisine, il ne faudrait pas que ceux d'entre nous qui viennent placer leur argent à Rio ou Sao Paulo soient effrayés par les rodomontades de Jair Bolsonaro.

D'autant qu'il y a des emplois à la clé. Et comment mieux le rappeler qu'en twittant, comme au fond le fait quotidiennement le président brésilien. Prenez par exemple le boycott de la marque française Bic lancé, furibon, par Jair Bolsonaro : son Excellence Michel Miraillet, n'a pas mis longtemps à rétorquer que certes Bic était était bien et bien une marque française mais que les célèbres stylos étaient aussi brésiliens avec une usine à Manaus et des centaines d'emplois à la clé. Touché, coulé !

Les presse embraye et fusille Bolsonaro

La diplomatie, ce n'est pas seulement « les soirées de l'ambassadeur » et les négociations de couloir, c'est aussi un réseau d'influence que l'on mobilise à bon escient. Une grande nation diplomatique se mesure à l'étendue de ce réseau et à son influence.

De ce point de vue, la France a quelques leçons de choses à faire passer Planalto, la résidence officielle du président brésilien. Aussitôt diffusé, ces communiqués et ces tweets ont été repris avec gourmandises par les plus prestigieux des journaux brésiliens.

A Folha de Sao Paulo, l'équivalent du Monde, a consacré un éditorial entier au bon chiffre des investissements français. Le quotidien populaire Extra a, pour sa part, mis en une il y a quelques jours Brigitte Macron avec ces mots : Toutes nos excuses.

Le quotidien O Globo s'est lui aussi fendu d'un éditorial qui reprend les arguments du président français : « en s'en prenant à Brigitte Macron, écrit-il, Jair Bolsonaro a montré qu'il n'était pas à la hauteur d'un chef d'Etat ». Il est pathétique, conclut l'édito.

La téléréalité s'en mêle 

Si cette guéguérre devait uniquement se jouer par élite interposée, l'intérêt serait minime. Mais on a vu que l'ambassadeur de France savait aussi jouer du tweet et, pourquoi pas, de la pétition ou de la téléréalité ?

L'actrice populaire Gretchen – qui par ailleurs vit à Paris – s'est elle aussi fendue d'un mot de soutien envers la première dame de France, qu'elle connait, et, dit-elle, qu'elle respecte infiniment. Le #DesculpaBrigitte – Pardon Brigitte – fait florés sur Twitter.

Les quelques mots en portugais – muito obrigada – de Brigitte Macron ont tourné en boucle dans les médias brésiliens. Donc France : one point, ou comme dirait Cyrano : 

on pourrait dire bien des choses en somme mais à la fin de l'envoi, je touche ! 

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