L'histoire du jour nous emmène en Suède...

... où un directeur d'école devra face face à ses juges. Et ceci, pour une raison grave : avoir utilisé le pronom personnel féminin « hon », l'équivalent de « elle », plutôt que « hen », son équivalent neutre, lors d'un entretien d'embauche qu'il conduisait avec une candidate maîtresse d'école.

Face à une femme candidate, il l'a constamment appelée « elle » et non « ça » ou « cela » comme la candidate s'était elle-même présentée.

Cela demande, tout de même, un peu d'explication : en Suède, la règle c'est l'égalité absolue des genres . En clair, lorsqu'une femme exige le neutre dans la façon dont on s'adresse à elle, vous êtes tenu soit de l'appeler par son nom, soit d'utiliser le fameux « hen ». Il se trouve que le directeur a sciemment refusé l'un et l'autre. D'où la plainte pour discrimination.

pas de théorie du genre enseignée à l'école
pas de théorie du genre enseignée à l'école © reuters

Bienvenue en Suède ! Le pays qui a une loi pour interdire aux coiffeurs de faire payer plus cher les coupes de cheveux pour femmes et pour hommes ! Mais surtout le pays qui, dès 1998, a interdit toute forme de discrimination de genre à l'école. C'est pour cette raison que le directeur d'école fait l'objet d'une plainte. Pour discrimination, certes, mais dans un cadre scolaire.

Dans beaucoup d'écoles suédoises, dès la crèche, on ne dit plus :« Les garçons, c'est l'heure du foot ! »

On dit « Les amis, c'est l'heure du foot !», histoire de ne pas exclure les filles qui pourraient aussi avoir envie de taper dans le ballon. L'étape suivante est l'utilisation de manuels où les chansons, par exemple, ont été retraduites en fonction de cette neutralité de genre : les animaux agressifs ne sont plus masculins, mais neutres, comme les ours ou les loups des contes pour enfants.

Et ça fonctionne plutôt pas mal. Une fois que vous avez mélangé les jeux de construction et les poupées, les voitures et les dînettes, les petites filles et les petits garçons jouent plus volontiers ensemble.

Et tout commence par le recrutement. En France, plus de 80% des enseignants du primaire sont des femmes. En Suède, on a veillé à une plus grande mixité avec 40% d'hommes.

Une revue de presse consacrée à la présidente brésilienne, Dilma Rousseff qui risque la destitution par le Parlement...

C'est donc l'heure de prendre parti pour les quotidiens du pays. C'est ce que vient de faire A Folha de SP qui écrit

« avec tristesse, nous constatons que la présidente Dilma Rousseff n'a plus les conditions nécessaires pour gouverner le pays. Après le pire scandale de corruption de l'histoire du pays. Après avoir été réélue grâce à une campagne grevée de fraudes, après avoir provoqué la pire récession moderne, Dilma récolte ce qu'elle a semé ». Mais A Folha ne s'arrête pas là : pas question non plus de soutenir le vice-président Michel Temer qui veut finir le mandat de Mme Rousseff : « Vu la profondeur de la crise, M. Temer devrait remettre au peuple son mandat ». Pas de jaloux donc ! Une opération « mains propres » qui ne plaît pas à d'autres journaux, commeO Globo , qui se déclare « contre la destitution de Dilma Rousseff, parce qu'elle est injuste et qu'elle est irresponsable » .

Par contre, l'argument du « coup d'État » utilisé par Dilma Rousseff tombe à plat : « C'est le Parlement qui vote la destitution. Parler de coup d'État est un manque de respect grave pour la démocratie ».

En clair, ça sent le roussi pour Rousseff !

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