Une dizaine de personnes ont péri lundi dans un attentat dans le métro de Saint-Pétersbourg.

Dans le métro de Saint-Petersbourg
Dans le métro de Saint-Petersbourg © Getty / Copyright Frank Smout Images

Tous les quotidiens Russes ce matin consacrent leur une à cet attentat. A commencer par Gazeta qui titre : « l'onde de choc ». Le quotidien rappelle que la dernière fois qu'une attaque terroriste a eu lieu en terre russe, c'était le 29 décembre 2013, à Volgograd. Un kamikaze s'était fait exploser en gare et avait causé la mort de 18 personnes.

Quant au métro, il avait déjà été visé en 2010 à Moscou, lors d'un double attentat qui avait fait 41 victimes et 88 blessés. Pour Gazeta, la raison de ce nouvel attentat semble toute trouvée : « depuis 2014, la Russie combat le terrorisme islamiste en Syrie ».

« Jusqu'à présent, la réponse terroriste à ce combat avait frappé l'Europe occidentale et épargné Moscou et Saint Pétersbourg, permettant à certains politiques russes d'expliquer que ces attentats était lié à la crise migratoire. Ils avaient donc tort.

La Russie n'a pas eu à accueillir de vagues de réfugiés et pourtant, la voilà frappée en plein cœur. L'ennemi n'a clairement rien à voir avec de supposées « machinations occidentales » : la Russie n'est plus cet « îlot de sécurité » décrit habituellement.

Toutes les hypothèses quant aux auteurs restent sur la table

C'est ce que s'efforce de montrer le quotidien moscovite Komsomolskaia Pravda, avec ce titre : « à qui profite le crime et en distinguant quatre possibilités : d'abord et avant tout, le terroriste islamiste lié à l'intervention russe en Syrie.

« Ceux qui ont commis cet attentat avaient le double objectif de venger la Syrie de l'opération militaire russe et aussi, bien sûr, de semer la terreur en pleine capitale touristique alors même que Vladimir Poutine se trouvait à Saint Pétersbourg.

Mais ça n'épuise pas toutes les possibilités : Komsomolskaia évoque les nationalistes Ukrainiens qui, selon le quotidien ont plusieurs fois menacé de « porter la guerre au cœur de la Russie » avec cette nuance : leur objectif a toujours été Moscou.

Il y aussi l'hypothèse d'un fou solitaire

Mais aussitôt évoquée, cette possibilité est écartée par le quotidien : il n'y avait pas une mais deux bombes et l'idée qu'un seul homme puisse poser les deux en entrant et sortant du métro semble improbable.

Il y a enfin l'hypothèse d'opposants russes voulant faire parler d'eux « un an avant la présidentielle ». Mais, encore une fois, l'hypothèse semble écartée : « les services de sécurité sont suffisamment bien infiltrés en leur sein pour prévenir toute dérive ».

Un autre quotidien Russe explique, pour sa part, que les services de sécurité s'attendaient à ces attentats. Il s'agit du quotidien moscovite Kommersant qui écrit que « selon une source crédible, les services secrets russes étaient au courant qu'un attentat se préparait mais les informations recueillies étaient loin d'être assez complètes pour le stopper ».

Selon cette source, l'Etat Islamique aurait infiltré un commando en Russie. Des informations recueillies auprès d'un combattant revenu de Syrie. On sait déjà, par ailleurs, que le ou les terroristes communiquaient entre eux avec des portables locaux.

Kommersant a recueilli les premiers commentaires politiques suite à cet attentat : entre ceux qui promettent d'accorder plus de moyens à la lutte anti-terroriste et aux forces armées et ceux qui devisent sur les « loups solitaires » de l'Etat Islamique. Les commentaires de la presse Russe ressemblent beaucoup aux nôtres suite aux attentats de Paris ou de Nice, avec cette différence que certains voudraient rétablir la peine de mort pour les terroristes et que d'autres voient dans Vladimir Poutine une cible.

Quant aux Russes, Kommersant les avait sondés en avril 2016 : ils plaçaient à l'époque le terrorisme au quatrième rang de leurs préoccupations, après la santé, l'éducation et le manque d'argent. Mais ce sondage, souligne le quotidien, avait été commandé suite aux attentats de Bruxelles, c'est à dire loin de Russie. « Nul doute que ces bombes dans le métro de Saint Pétersbourg augmenteront la nervosité des Russes à ce sujet ».

Il y a eu Paris, Nice, Londres, Bruxelles, il y a désormais le 3 avril 2017 à Saint Pétersbourg

Enfin, c'est dans le quotidien Gazeta que j'ai trouvé le commentaire le plus intéressant sur cet attentat épouvantable : « peu importe la cause de la tragédie de Saint-Pétersbourg, la vraie leçon est que la Russie est devenue perméable au terrorisme. De plus, par le biais des réseaux sociaux, notre pays est décidément connecté avec le reste du monde dans la douleur et la réprobation ».

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