Une épidémie catastrophique de rougeole oblige l'archipel pacifique des Samoa à fermer toutes les administrations pour vacciner l'ensemble du pays.

L'infirmière April Wilson (à gauche) et la chef d'équipe Luisa Popo en train de faire des vaccins au cours d'une campagne nationale de lutte contre la rougeole dans la ville samoane de Le'auva'a.
L'infirmière April Wilson (à gauche) et la chef d'équipe Luisa Popo en train de faire des vaccins au cours d'une campagne nationale de lutte contre la rougeole dans la ville samoane de Le'auva'a. © AFP / Allan Stephen / Unicef

Direction les Samoa où l'Etat d'urgence sanitaire a été décrété. D'abord, situons le problème : les Samoa sont un micro-Etat du Pacifique, composé de deux îles principales et peuplées d'un peu moins de 200 000 habitants. Disons que c'est à l'est de Wallis et Futuna et qu'on les connait, les Samoans, pour leurs rugbymen.

Donc voilà un archipel isolé, réputé pour ses hôtels et ses plages paradisiaques, dont il y a assez peu de chances de parler si ce n'était effectivement cette urgence sanitaire : le pays est en proie a une épidémie de rougeole dévastatrice. Déjà plus de 4 000 infections en quelques semaines et surtout, plus de 60 victimes, dont une immense majorité d'enfants de moins de 4 ans, un tiers de nourrissons de moins de 6 mois. L'île n'avait jamais connu une telle épidémie et aussi une telle mobilisation.

Des mesures exceptionnelles

C'est simple : à compter de demain et pendant deux jours entier, tous les services publics seront fermés. Écoles, administrations, gouvernement, parlement, police, justice : tout est fermé et tous les voyages sont strictement interdits

Autrement dit, pendant deux jours, la population a ordre de rester confinée chez elle, tout rassemblement est interdit : seuls peuvent circuler les parents dont les enfants présenteraient les premiers symptômes et uniquement pour aller chez le médecin.

Si les administrations ont été fermées pour deux jours, c'est pour que tous les fonctionnaires du pays se mettent au service d'une campagne de vaccination générale, obligatoire - sous peine de prison. L'idée : vacciner au plus vite 100% des Samoans.

Les Samoans mal couvert par la vaccination

C'est bien le problème : avant cette épidémie, le taux de couverture vaccinale du pays était de 31%. Notoirement insuffisant lorsqu'on sait qu'il faut attendre 90% pour qu'une population soit à l'abri d'une épidémie. Or la rougeole est extrêmement contagieuse.

L'idée c'est donc de rattraper au plus vite le retard accumulé. Et les autorités samoanes ont eu une idée très étonnante pour y parvenir : toutes les familles dont au moins un membre n'est pas encore vacciné devront clouer un chiffon rouge à leur porte.

C'est biblique, en fait ! Moïse a demandé à chaque famille juive de marquer sa porte de sang de mouton – rouge donc – pour que la maladie envoyée par Dieu et qui allait frapper les Egyptiens épargne le Peuple Elu. Or les Samoans sont très religieux.

Un vacancier à l'origine de l'épidémie

Oui : les autorités samoanes ont réussi à pister celui ou celle qui a importé le virus de la rougeole aux îles Samoa. Et il s'agirait d'un Néo-Zélandais en vacances début octobre. Vous me direz, quelle importance de la savoir ? C'est très important en fait : la méfiance vis-à-vis des vaccins a entraîné une chute de la couverture vaccinale. Des pays où la rougeole avait disparu, comme l'Australie, les Etats-Unis ou la Nouvelle-Zélande, l'Italie, la France ont connu ces dernières années des épisodes infectieux.

Mais ces pays peuvent faire face : leur système de santé sont solides. Seulement voilà : nous voyageons... aux Caraïbes, en Asie... dans les îles paradisiaques du Pacifique et, comme ce Néo-Zélandais, nous contaminons. 

Je rappelle le bilan : 60 enfants morts en un mois et demi aux îles Samoa.  

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