Une revue de presse consacrée à la montée de la tension entre l'Arabie Saoudite et l'Iran.

Le Roi Salman d'Arabie saoudite
Le Roi Salman d'Arabie saoudite © REUTERS/Stringer / REUTERS/Stringer

Exécution d'un dignitaire chiite par l'Arabie Saoudite, saccage de l'ambassade saoudienne à Téhéran en représailles, rupture des relations diplomatiques avec l'Iran annoncée hier soir par Ryad. Les journaux arabes et iraniens réagissent tous en une à cette tension.

C'est le cas de L'Orient Le Jour au Liban qui pose la seule question qui vaille : «dans quelles arènes vont désormais se battre Ryad et Téhéran » et ajoutant avec un certain dépit « Les espoirs d'une période d'apaisement dans la région ont fait long feu.»

Et le quotidien ajoute : « En appliquant la même peine à un opposant politique chiite, le sheikh Al Nimr, et à des jihadistes sunnites, Riyad contribue à polariser davantage les communautés sunnite et chiite. »

Une provocation confirmée par le Gulf News , le quotidien émirati qui écrit : « Jusqu'à présent, l'Iran pouvait compter sur une politique saoudienne prudente voire hésitante face aux Chiites tant à l'extérieur qu'à l'Intérieur. Aujourd'hui Ryad choisit la provocation, voire le défi ».

Une opinion reprise par le grand quotidien anglophone des Emirats Arabes Unis The National qui constate la fin du cessez le feu, samedi au Yémen, entre rebelles chiites houthis et la coalition menée par l'Arabie saoudite.

Avec cette sombre prédiction d'un dignitaire sunnite : « l'affaire du Yémen ne peut se résoudre que par la force ». Et le quotidien, très pro-saoudien, constate que « les chiites houthis n'ont montré aucun signe de volonté de compromis ou de paix ».

La presse iranienne aussi a réagi à ce durcissement des relations avec l’Arabie Saoudite.

En une du Tehran Times iranien, on spécule sur la date choisie pour éxécuter Al Nimr : "ce crime haineux a été commis par les Saoudiens en pleine fête de fin d'année pour mieux minimiser les réactions occidentales et surtout américaines".

Dans le quotidien en langue perse Iran le ton est encore plus sec : l'Arabie saoudite est accusée de complot global visant à diminuer le prix du pétrole pour affaiblir l'Iran.

Le quotidien turc Zaman a une explication à cette montée de tension entre les deux pays : "elle illustre à la perfection l'agressivité nouvelle de l'Arabie Saoudite depuis l'accession au trône du roi Salman et de son fils trentenaire, Mohammed Bin Salman."

Mais le quotidien turc essaie de voir plus loin, plus large en expliquant que les guerres sectaires entre sunnites et chiites seraient une conséquence des printemps arabes de 2011. « Ces révolutions ont défait les Etats égyptien, lybien, yéménite, syrien ».

Les citoyens en perte de repères se sont donc repliés sur leur identité religieuse chiite, sunnite et tribale. Ce sont ces identités sectaires plus que citoyennes qui dominent aujourd'hui et qui finissent par s'entrechoquer ».

La presse saoudienne, pour sa part, fait un effort considérable de justification. Le quotidien Panarabe financé par l'Arabie Saoudite, Asharq Al Awsat, publie par exemple un article ingénument intitulé : « pourquoi l'Iran défend-elle Al Nimr ? » La réponse est toute trouvée : « parce que le dignitaire chiite exécuté par Ryad représentait le parti de l'Iran en Arabie saoudite et qu'il défendait la lutte armée contre le gouvernement et les forces de sécurité saoudienne ». Il fallait donc en finir avec lui.

Mais le commentaire le plus clair et le plus inquiétant, on le trouve dans les pages du quotidien anglophone saoudien Arab News : « les pays entourant l'Arabie Saoudite souffrent de la violence de terroristes comme Daech ».

« Le monde a raison de vouloir éradiquer cette violence afin de vivre en paix. Les terroristes de tout genre doivent payer pour leur crime. L'Arabie saoudite contribue à cette lutte en exécutant 47 terroristes le 2 janvier ».

Circulez, il n'y a plus rien à voir.

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