Des photos inédites du "Cher leader" nord-coréen et beaucoup d'inquiétude dans la sous-région : Pyongyang est-elle capable de gérer une épidémie de cette ampleur ?

Kim Jong Un en chapka entouré de gardes portant des masques de protection noirs
Kim Jong Un en chapka entouré de gardes portant des masques de protection noirs © AFP / STR / KCNA VIA KNS / AFP

On a des nouvelles de Corée du Nord ce matin : des photos diffusées par le régime. Vous me connaissez, dès que le Cher leader Kim Jong Un fait parler de lui, je plonge. Cette fois-ci Pyongyang fait au monde entier la grâce de photos très soignées. On y voit le dictateur joufflu, une chapka sur la tête du plus bel effet, regardant au loin dans une grosse paire de jumelles et, autour de lui, une quinzaine de soldats nord-coréens, chapka grise et surtout, masque chirurgical noir sur le visage.

Si je vous la fait un peu façon fashion week c'est parce qu'en Corée du Nord, tous les détails, y compris vestimentaires, sont un message codé à destination du monde.

La Corée du Nord, fière mais exposée

Des masques de protection contre le virus de couleur noire, je ne connais aucun pays au monde qui en produise. Ils disent donc : nous les produisons nous-mêmes, nous n'avons besoin de personne. C'est précisément ce détail qui est inquiétant.

Je résume la situation : la Corée du Nord est ce pays au système de santé moyenâgeux, isolé du monde, dans lequel environ 42% de la population, ou 11 millions de personnes si vous préférez, est mal-nourrie et qui fait l'objet de sanctions internationales sévères.

Or à ses frontières, l'épidémie au Covid-19 fait rage : la Chine, ses 80 000 cas et ses 3 000 victimes est au cœur de l'épidémie et la Corée du Sud, connait une situation très inquiétante, comme foyer secondaire, avec 5 000 infections confirmées.

Pyongyang à l'isolement

Alors que le monde découvrait à peine la catastrophe, les Nord-Coréens, eux, avait déjà interdit à tous les étrangers de voyager dans le pays, isolé tous les Nord-coréens de retour de l'étranger et même isolé ceux qui ont été en contact avec eux.

Mais on pense déjà, en Chine comme en Corée du Sud, que cela n'a pas suffi. La simple analyse de ces photos ajouté a d'autres détails font craindre le pire.

Dans l'indifférence générale, à cause justement de l'épidémie, Pyongyang a lancé lundi deux missiles indéterminés, comme pour dire : nous avons les moyens de nous défendre quelque soit notre situation. Mais surtout, il y a la Chine...

Lever les sanctions pour permettre à la Corée du Nord  se respirer

Si Pyongyang n'avait que la Corée du Sud pour voisin, on s'inquiéterait moins. La frontière entre les deux pays est parfaitement hermétique depuis 70 ans. Mais les plus de 1 400 kilomètres de frontières entre Corée du Nord et Chine, eux, sont poreux.

Des milliers de Chinois et de Nord-Coréens font de la contrebande pour alimenter les marchés noirs – ou gris parce qu'ils sont semi-officiels – de Corée du Nord. Or Pékin a demandé, c'était hier, un assouplissement des sanctions internationales :

Afin de permettre à Pyongyang d'exporter deux trois bricoles, parce que, selon Pékin, la Corée du Nord « souffrirait négativement » du coronavirus : en langage diplomatico-crypto-communiste, ça signifie que la situation est grave et qu'il faut faire quelque chose pour aider les Nord-Coréens et vite !

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