C'est un véritable "smog" de pollution qui s'est abattu ce week-end sur New Delhi. Un mélange de basse pression atmosphérique, de fumée et de gaz d'échappement comme rarement la capitale la plus polluée au monde en a connu…

Un smog de pollution s'est abattu sur la capitale indienne
Un smog de pollution s'est abattu sur la capitale indienne © Getty / Sajjad HUSSAIN

C'est simple, il a fallu dérouter 37 vols depuis l'aéroport de la capitale indienne à cause du manque de visibilité : une véritable purée de poix. Même l'hélicoptère du leader de l'opposition Rahul Gandhi a dû atterrir d'urgence, tellement la visibilité était mauvaise. 

Mais le plus spectaculaire sont les niveaux de micro-particules relevés à différents points de la capitale : près de 1 000 microgrammes par mètre cube à plusieurs points du centre-ville. Or l'OMS met le seuil de dangerosité à 25 microgrammes par mètre cube !  C'est donc 40 fois le seuil de l'OMS ! C'est énorme !  

Pour vous donner une idée, j'ai regardé le niveau en microparticules de la région parisienne pour la journée d'hier : on en était à 8 par m3 pour l'agglomération et 6 pour Paris. Ça signifie que le niveau parisien est 166 fois inférieur à celui de Delhi ! 

Evidemment, c'est le pic de pollution, atteint dans la matinée de dimanche. Mais les chiffres moyens pour la journée entière ne sont pas beaucoup plus rassurant : 494 microparticules – les plus dangereuses – par m3.  On est a un cheveu du sinistre record précédent qui date du 6 novembre 2016. Les autorités ont tout de même tenté de réagir : les écoles seront fermées aujourd'hui et demain et les fonctionnaires devront porter obligatoirement des masques.  

Novembre 2016 : record ; novembre 2019 : nouveau record... Une coïncidence ?

Non, bien sûr... En fait, c'est une triste récurrence qui s'explique par plusieurs facteurs. 

Le plus étonnant de ces facteurs, c'est la grande fête de Diwali, la  fête des feux d'artifice. Des millions de fusées colorées et de pétards qui sont tirés en quelques jours. Or il s'agit de poudre-à-canon très polluante. Le gouvernement a bien essayé de les réguler, voire de les interdire : peine perdue. Or Diwali, c'était il y a à peine une semaine.  Voilà pour le côté couleur locale. 

Mais la vraie raison, ce sont les feux de fin de récolte dans les deux Etats très agricoles entourant New Delhi : le Punjab et l'Etat d'Haryana. Chaque année, la récolte faite, on brûle la paille des parcelles pour fertiliser la terre.  Les experts pensent que ça compte pour un peu moins de la moitié des particules fines. 

Vous ajoutez une croissance urbaine incontrôlée, une explosion ces vingt dernières années de la classe moyenne (donc des voitures) et vous obtenez un cocktail mortifère. 

Mais New Delhi est loin d'être la seule ville indienne affectée par cette pollution ahurissante

Sur les 15 villes les plus polluées du monde classées par l'OMS, 14 se trouvent en Inde.  

Enfin, Angela Merkel se trouvait à Delhi ce week-end en visite officielle. Par courtoisie, elle a refusé de porter un masque pendant la revue officielle des troupes indiennes. Et par courtoisie aussi, les vols n'ont été déroutés que sitôt après que le sien a décollé...

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