C’était samedi dernier, sur les pistes de l’aéroport de Wonsan pas très loin de la frontière sud-coréenne.

Un pilote pose devant un avion Sukhoi à Wonsan.
Un pilote pose devant un avion Sukhoi à Wonsan. © AFP / ED JONES

Wonsan n’est pas n’importe quelle ville : c’est là que le cher leader Kim Yong Un aurait sa résidence d’été.

Par ailleurs, organiser un meeting aérien non plus n’est pas anodin : d’une part, on sait que le dictateur joufflu de Corée du Nord est un passionné d’aviation, d’autre part montrer des avions et des hélicos en bon état est aussi un avertissement :

Mais revenons au meeting aérien de samedi : au beau milieu des hélicos un rien poussifs et bons vieux Migs russes pilotés par des femmes pilotes, les « fleurs du ciel », les passionnés d’aviation ont repéré un P-750 XSTOL flambant neuf.

Vous ne savez pas ce qu’est un P-750 XSTOL, vraiment ? Un P-750 XSTOL c'est un avion dernier cri de 10 places, fabriqué en Nouvelle Zélande sous licence américaine.

Que faisait un avion américain, décoré du drapeau national en plus, dans un meeting aérien nord-coréen ? Le pays est censé être sous embargo sévère, suite à ses essais nucléaires. Déjà qu’il est interdit d’exporter des petites cuillères, alors un avion américain, vous n'imaginez pas ! D’autant que ce fameux P-750 XSTOL, s’il peut emmener 10 personnes, il peut aussi emmener 10 parachutistes. Bref, c’est une violation explicite de l’embargo.

Mais alors que fait cet avion en Corée du Nord ? Tous les passionnés d’aviation se sont penché sur la question et ont d’ailleurs trouvé la réponse : l’avion en question appartenait à une entreprise néo-zélandaise, Pacific Hamilton, qui l’a vendu en décembre à une compagnie chinoise.

La compagnie chinoise l’aurait donc revendu en catimini aux nord-coréens. Mais la vraie question, c’est : comment a-t-elle pu le faire au nez et à la barbe des Chinois qui eux-aussi sont censés appliquer l’embargo ? La réponse : c’est impossible.

En clair, les Chinois ont laissé faire, histoire de donner une petite leçon aux Américains qui, en ce moment, roulent des mécaniques en mer de Chine du Sud, aux Philippines et au Japon.

Autrement dit, la présence de cet avion au meeting de Wonsan est une provocation nord-coréenne dument autorisée par le régime chinois. Une sorte de « bons baisers de Corée du Nord et de Pékin » adressé subtilement mais clairement à Washington.

  • Une revue de presse grecque

Avec la une du quotidien I Kathimerini en forme d'avertissement : à force de réformes amères mais aussi de manifestations de retraités réprimées, c'était hier, au gaz lacrymogène, le gouvernement d'Alexis Tsipras s'effondre dans les enquêtes d'opinion :

« Si des élections devaient se tenir aujourd'hui, la droite récolterait 28% des voix, soit 12 points de plus que Syriza qui se traîne à 16% ». Ce que ne précise pas I Kathimerini, qui est à droite, c'est qu'il n'y a pas d'élections en Grèce avant 2019. Tsipras a le temps.

A la « une » d'El País, le quotidien madrilène, j'ai repéré un article qui m'a passionné : l'anniversaire des 35 ans du retour en Espagne du tableau de Picasso, Guernica.

Picasso avait précisé dans son testament que ce tableau ne pouvait être rendu à l'Espagne que si la démocratie y était installée. Il attendait donc depuis 44 ans à New York, dans une salle dédiée du MoMA, des jours meilleurs à Madrid.

Et enfin « à 8h27 du matin, le 10 septembre 1981, le vol Iberia 952 en provenance de New York déposait à Madrid son précieux chargement : Guernica était revenu au pays » et l'Espagne pouvait être fière de sa transition démocratique achevée.

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