Une école pour 120 élèves plus un préau de sport et le tout à Amatrice ! Rappelez-vous, en août 2016, Amatrice avait été dévastée par un tremblement de terre.

L'école temporaire d'Amatrice, remplacée aujourd'hui par une nouvelle
L'école temporaire d'Amatrice, remplacée aujourd'hui par une nouvelle © AFP / Tiziana FABI

Treize mois plus tard, l'inauguration de cette école est donc une excellente nouvelle ! Surtout quelques jours après la rentrée des classe : elle signifie le retour à la normalité.

Tout un symbole donc et en plus, un record en soi ! Cet ensemble scolaire a été construit en 24 jours ! Une vraie réussite pour une architecture simple mais vraiment antisismique. Le seul problème, c'est qu'il n'y a pas d'élèves pour la remplir.

Parce que pour qu'il y ait des élèves, il faut qu'il y ait aussi des maisons dans lesquelles vivent des familles. Or ces fameuses maisons promises par l'Etat italien aux sinistrés au lendemain du séisme ne sont toujours pas sorties de terre.

Elles devaient être livrées au printemps ces fameuses maisons. Sauf que tout a pris du retard, que la légendaire bureaucratie italienne s'en est mêlée, sans même parler des élections locales qui ont tout ralenti : conclusion, le terrain est à peine nivelé.

L'école, elle, n'a pas été construite par l'Etat italien : elle a été offerte par un pool d'entreprises et de fondations. A priori, c'est vite vu : la leçon de cette histoire c'est que l'Etat promet beaucoup et tient peu, alors que le privé, lui, est efficace et rapide.

Si l'Etat italien est si lent, c'est qu'il a retenu les leçons de la reconstruction de L'Aquila, en 2009. En voulant faire vite, en supprimant des contrôles, les subventions s'étaient retrouvées entre les mains d'entreprises liées à la mafia.

Pas question donc de reproduire les mêmes erreurs : les maisons d'Amatrice seront reconstruites mais on n'épargnera à aucun entrepreneur les contrôles tatillons et donc protecteurs de l'administration italienne. Lent mais juste !

On reste en Italie dans la ville natale de Umberto Eco

La ville d'Alessandria, non loin de Turin, où l'auteur du Nom de la rose est né et où il a vécu jeune. Justement, un an et demi après sa mort, ces habitants d'Alessandria ont voulu lui rendre hommage en rebaptisant en son honneur le lycée où il a étudié. Tout le monde était d'accord : la veuve d'Umberto Eco, ses proches, le directeur du lycée, le ministère. Tout le monde, sauf le nouveau maire. Il s'appelle Gianfranco Cuttina, il a été élu en juin sur une liste populiste de la Ligue du Nord.

Comment justifie-t-il ce refus ? D'abord, il explique que le lycée porte le nom de deux illustres scientifiques italiens, pourquoi leur faire ce déshonneur ? Ensuite, qu'Umberto Eco mérite mieux qu'un simple lycée. Un musée, par exemple, qui reste à construire. Mais il y a une autre raison, beaucoup moins noble. Umberto Eco, ses 43 doctorats honoris causa, sa réputation mondiale, c'est l'Italie d'en haut. Or le nouveau maire a voulu commencer son mandat par un acte de résistance dont Eco a été la victime.

Maintenant, et entre nous, cette polémique si italienne, qui fleure bon Pepone contre Don Camillo, doit bien faire rigoler l'écrivain, où qu'il soit aujourd'hui.

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