Une heure d'émission hagiographique vantant le parcours et l'humanité de Vladimir : les Russes n'ont pas pu échapper au premier épisode d'une série documentaire sur le maître du Kremlin. La 1ère chaîne russe, Rossya1, promet de se surpasser.

C'était dimanche, sur Rossya 1, la première chaîne de la télévision publique russe, et à l'heure où les Français ont rendez-vous avec Michel Drucker, les Russes, eux, ont vu Moskva Kremlin, Poutine.

Une heure entière de reportage avec Vladimir Poutine. Avec Moscou, Kremlin, Poutine, pas d'ambiguïté et le présentateur promet de l'exclu et Poutine tel que vous ne l'avez jamais vu.

Que voit-on ? Poutine avec des jeunes – il adore les jeunes et en fait, c'est le narrateur qui le dit, il adore les gens : « quand Poutine parle à une mère ou regarde un enfant, son amour de la jeunesse est évident ». C'est toujours le commentateur qui parle !

Il y a Poutine en vacances à Tuva, un coin perdu de Sibérie plein d'ours et de gardes du corps armés. On ne sait jamais. Mais, et c'est encore une fois notre narrateur russe qui ajoute en plaisantant : « de toutes façons, en voyant Poutine, les ours savent se tenir ».

Poutine se méfie

Pour le reste, Poutine sportif, Poutine en vacances, Poutine et les jeunes, c'est un peu comme les albums de Martine, vous savez : les Russes connaissent par cœur et sont capable de décliner les caméos même sans les images. Il y a tout de même une surprise !

Dans une courte séquence qui pourrait s'appeler « Poutine rencontre des étudiants », un des jeunes laissent entrevoir un t-shirt Navalny 2018. Or Alexei Navalny est l'opposant n°1 de Poutine, emprisonné préventivement pour un mois en cette période de manifs.

Un lien entre cette émission et la gronde sur les retraites

Il y a plus qu'un lien : à cause de cette réforme qui va repousser l'âge de la retraite de 5 ans pour les femmes comme pour les hommes, la popularité de Vladimir Poutine est à son plus bas niveau depuis 4 ans et la moitié des Russes se disent prêt à manifester.

C'est un sondage indépendant du centre Levada qui le dit. Donc, il fallait réagir. Les Russes ont donc eu droit à leur heure de Poutine-mania, mais ce n'est pas tout ! C'est juste le 1er épisode d'une série sur une chaîne, Rossya1, on peut le dire, aux ordres.

Poutine et les baboushkas

Il sait que ses réussites à l'international – en Syrie, en Crimée – ne sont rien comparées à la situation économique et sociale en Russie. Jusqu'à présent, il pouvait expliquer la crise par les sanctions américaines et la chute du prix du pétrole et du gaz.

Or toucher aux retraites, ça n'a rien à voir avec les Etats-Unis ! Toucher aux retraites, c'est toucher au contrat social russe mais surtout aux baboushkas. Or, personne en Russie n'a envie d'avoir les baboushkas, en clair les familles, contre soi ! Même Poutine !

L'équipe
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.