Une fois de plus, l'Argentine est en crise. Et une fois de plus, les Argentins se précipitent dans leur banque pour retirer leurs économies. Bref, rien de neuf... désespérément !

On part en Argentine ce matin, où l'on fait la queue devant les agences bancaires. Ça ne vous rappelle rien ? Le peso qui s'effondre, la bourse qui tangue, la dette extérieure que Buenos Aires a du mal à rembourser et les queues devant les banques ? Un fois de plus l'Argentine est en crise comme en 1989, en 1998, en 2001, en 2015...

Pour résumer ce petit air de déjà-vu, il y un aphorisme qui circule en ce moment en Argentine et qui fait encore sourire tout le monde : « l'Argentine, c'est un drôle de pays : on le quitte 20 jours tout a changé, on y revient après 20 ans, rien n'a changé ».

On en est là, exactement ! Depuis 20 jours, c'est-à-dire le 11 août, le peso a perdu un quart de sa valeur face au dollar, l'inflation annuelle est mesurée aux alentours de 50%, la dette a été restructurée dans l'urgence pour éviter le défaut de paiement immédiat.

Les vraies fausses élections à l'Argentine

Des élections argentines, c'est-à-dire totalement baroques. Des élections auxquelles personne dans le monde n'a rien compris, sauf les Argentins évidemment, puisque personne n'a été élu. Les vraies élections c'est pour dans 2 mois, le 27 octobre.

En fait, il s'agissait d'élections primaires organisées par tout les partis, le même jour. Comme toujours en Argentine, l'idée à la base était bonne mais ça a mal tourné. L'idée, c'était d'éviter un embouteillages de candidatures le jour de la vraie élection.

Donc, on décide de primaires nationales pour tout le monde et on est prié de respecter le résultat : ne peuvent se présenter à la vraie élection que les vainqueurs de ces primaires. Une sorte de répétition générale, mais contraignante.

Sauf que ça a totalement dérapé : cette élection avant l'élection a donné la victoire aux opposants de l'actuel président Mauricio Macri. Et pas qu'un peu : les Péronistes ont obtenu 47% des suffrages et Macri, 32% ! C'est une claque monumentale !

L'ex-présidente Kirchner en embuscade

Un tel écart à remonter en quelques semaines ? Impossible. Or cette victoire ne signe pas seulement le retour des Péronistes, il signifie le retour, même partiel de Cristina Kirchner, l'ancienne présidente qui se présente cette fois comme vice-présidente.

Ah oui, parce que j'ai oublié de vous dire qu'en Argentine, on présente un ticket présidentiel, comme aux Etats-Unis. Mais le retour de Mme Kirchner a immédiatement semé la panique chez les investisseurs et les épargnants :

On lui doit des nationalisations et surtout, un contrôle des changes de fer : à l'époque où elle a quitté la Casa Rosada, le siège de la présidence argentine, on comptait trois taux de change différent : l'officiel, le semi-officiel, l'officieux.

D'où les files d'attente et d'où l'effondrement du dollar. D'où aussi les tentatives de la banque centrale pour maintenir la monnaie locale à un niveau décent. La banque centrale qui, à force de défendre le peso, n'a presque plus de dollars en caisse. Comment disent les Argentins déjà ? En 20 jours tout change mais en 20 ans, rien ne change... alors pourquoi attendre ?

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