Absent à son procès, Jacob Zuma a réussi à faire le show. C'est une constante chez cette homme qui reste populaire malgré une présidence assombrie par la corruption et le népotisme.

Jacob Zuma en plein procès en octobre 2019
Jacob Zuma en plein procès en octobre 2019 © Maxppp / MICHELE SPATARI / POOL

Direction l'Afrique du Sud, ce matin, où le procès de l'ancien président Jacob Zuma a été une fois de plus retardé. La défense de Jacob Zuma appelle ça la stratégie de Stalingrad : c'est-à-dire que, comme dans la bataille de Stalingrad, leur client est encerclé par trois côtés, l'armée de l'accusation est plus puissante, mieux équipée et déterminée, la seule solution :

Résister encore et toujours, jouer la procédure, multiplier les demandes de report et, à la fin, épuiser l'ennemi sous un hiver procédurier. La démonstration de cette stratégie d'arrière garde a encore été apportée avant-hier : Jacob Zuma a un certificat médical.

L'ancien président sud-africain ne peut se rendre à son procès parce qu'il est malade et qu'il se fait soigner à l'étranger. C'est une bombe ! Ça signifie que, pour le récupérer, il faut le chercher, puis le faire extrader, aux frais du contribuables, bien sûr !

Jacob Zuma, l'homme qui se douchait pour se débarrasser du VIH

C'est le lointain successeur de Nelson Mandela à la tête de l'Afrique du Sud. Il a été président de 2009 à 2019, date à laquelle devant la multiplication des affaires de corruption le concernant, son propre parti, l'ANC, l'a finalement destitué.

C'est l'homme qui, alors qu'il était avant même son 1er mandat, accusé de viol, avait expliqué à la cour stupéfaite, qu'il s'était protégé du virus du Sida, dont l'Afrique du Sud est l'un des pays au monde les plus affectés, en prenant une douche après le sexe.

Il faut dire que contrairement à Nelson Mandela, rejeton  d'une famille royale, où Thabo Mbeki, son successeur, fils d'intellectuel. Jacob Zuma est le fils d'une femme de ménage, et il a conduit des troupeaux pour survivre dans son Etat le Kwazulu Natal.

Jacob Zuma reste populaire

C'est vrai, mais c'est vrai aussi pour tous les Sud-Africains du commun qui adorent les telenovelas sudaméricaines, turques ou indiennes – qui passent en boucle à la télé sud-africaine : Jacob Zuma a toujours fait le show et réussi a mettre les rieurs de son côté !

Je vais vous donner un exemple de ce « talent » si particulier : alors que l'on est plein procès, que des mandats d'arrêts ont été émis pour le ramener – éventuellement de l'étranger – à ses devoirs judiciaires, on apprenait qu'il allait sortir un disque !

On parle tout de même dans les affaires de corruption qu'il traîne de plusieurs milliards d'euros de fonds publics détournés, les principaux acteurs sont en fuite, comme l'ancien responsable de Thalès France au cœur de l'enquête ou en prison et lui, il chante !

Cette chanson qui s'appelle « Umshimi Wani » est un chant militaire, ça signifie apporte-moi l'engin... Daniel Morin frémit et il a raison : c'est à la fois une chanson qui parle d'armes, l'engin c'est la kalash, la « machine de guerre » mais aussi clairement érotique.

C'est tout Jacob Zuma : il a présidé les années les plus noires en termes de corruption, de précarisation, de despotisme à peine éclairé de l'Afrique du Sud moderne et en même temps, sa gouaille, son charisme, n'ont jamais réussi a détruire sa popularité.

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