Par Bertrand Gallicher

Devant un supermarché Marinopoulos à Athènes
Devant un supermarché Marinopoulos à Athènes © Reuters / Michalis Karagiannis

Il y a un an, les Grecs avaient refusé les mesures d'austérité voulues par Bruxelles, la Banque centrale européenne et le Fonds monétaire. 

Un rejet assez massif puisque le 5 juillet 2015, plus de 61 % des votants repoussent ce plan de sauvetage du pays, étranglé par une dette colossale.

Quelques jours plus tôt, le premier ministre Tsipras a dénoncé un "ultimatum" des créanciers, tout en réclamant le maintien de la Grèce dans l'Union européenne.

Vous vous souvenez de la suite de l'histoire : une période de tension extrême entre d'un côté le gouvernement grec, et de l'autre les tenants d'une cure d'austérité du genre "remède de cheval", notamment la commission européenne et le FMI mais aussi l'Allemagne.

Malgré la victoire du "non", le très charismatique et imprévisible ministre des Finances Yannis Varoufakis démissionne au lendemain du référendum pour faciliter la reprise des discussions avec les créanciers.

In fine, après de multiples épisodes, Alexis Tsipras doit se plier aux exigences formulées par Angela Merkel et fait voter par une majorité hétérogène au parlement grec de redoutables mesures d'assainissement des finances publiques.

C'était donc il y a tout juste un an. Depuis la situation ne s'est pas vraiment améliorée pour la vie quotidienne des Grecs, si l'on en juge par la pression exercée sur les consommateurs, les salariés, les retraités. Les efforts demandés ou imposés par le gouvernement Tsipras (lui-même soumis aux exigences des créanciers) deviennent insupportables pour la plupart des Grecs.

Beaucoup d'entre eux se demandent à quoi a servi le référendum de l'an dernier. Les retraits dans les banques restent limités à 420 euros par semaine.

La TVA qui avait déjà augmenté de 10 points en 2015 vient d'être relevée d'un point à 24 % provoquant une nouvelle levée de boucliers chez les consommateurs déjà pris à la gorge par le resserrement de leur pouvoir d'achat  qui semble fondre au soleil. Car les taxes sur les produits de consommation ne sont pas les seules à flamber.

Il y a un mois et demi, le parlement grec a adopté à une très courte majorité une série de nouveaux prélèvements qui risquent d'assécher un peu plus une économie en berne. Des impôts en hausse sur les revenus, les bénéfices des entreprises et la propriété immobilière.

Une pression fiscale décourageante pour les contribuables grecs les plus scrupuleux et qui incite les autres à se faire oublier.

La Grèce conserve le triste privilège du taux de chômage le plus élevé de la zone euro. Il touche 24 % de la population active selon les dernières données d'Eurostat.

Néanmoins la Commission européenne considère que le pays a franchi un cap critique vers son redressement et un nouveau prêt de 7 milliards et demi d'euros vient d'être accordé à Athènes.

En résumé, si la situation s'améliore, c'est à l'insu de la population grecque, qui ne voit rien venir.

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