Ce Matin, on va en Grande-Bretagne, toujours traumatisée par les attaques de Londres...

Tout le weekend, le même mot est revenu à la Une de l'ensemble de la presse britannique : terreur. « Terreur à London Bridge » pour le Sunday Express, « Carnage en plein Londres » pour le Daily Telegraph. Le Financial Times semble calmer le jeu et parle dans son édito du matin de « l'effet terrifiant d'un style de terreur d'une brutale simplicité ». Alors Effectivement, on peut dire que la Grande-Bretagne est traumatisée.

Mais déjà les premières réflexions commencent à s'organiser. Les éditoriaux commencent à devenir moins épidermiques, moins réactifs et plus réfléchis. C'est le cas du Guardian, de Londres, qui reprend la déclaration de Theresa May pour la critiquer.

« La Première ministre a beaucoup insisté sur cette idéologie extrémiste qui aurait droit de cité au sein d'une infime minorité des musulmans. Mais son story telling ne dit rien des motivations des djihadistes eux-mêmes ».

En clair, reprend le Guardian, « tant que le Royaume uni sera impliqué – à tort ou à raison – dans des actions militaires au Moyen-Orient, il faudra s'attendre à des violences sur notre sol. Les services de sécurité ont été on ne peut plus clairs à ce propos : même s'ils ont réussi à déjouer de nombreux attentats, ils ne pourront pas tous les stopper ».

« La vérité, c'est que les valeurs britanniques ne sont pas supérieures à celle d'autres nations. L'affirmer est arrogant face à l'ensemble des autres cultures. Quand à améliorer la cohésion sociale est louable mais lier terroriste et intégration produit une confusion dangereuse sur les racines du problème, et finit par stigmatiser quelques-unes des communautés les plus pauvres du Royaume-Uni ». Très polémique même !

Le New York Times, pour sa part, admire juste la réponse des Britanniques…

Qu'il trouve au fond très … Britannique : Le calme, la résolution face au terrorisme que l'on pouvait lire à longueur de tweet est remarquable. Alors même qu'ils font face à un nombre sans cesse croissant d'attentats, les Britanniques semblent apprendre vite à faire face au deuil, à la perte, à la violence, d'une façon unique et très british ».

Samedi soir, ces attaques ont montré que certains rêvaient de semer le chaos et le « carnage » (c'est une allusion à Donald Trump qui parle régulièrement du « carnage » américain qu'il tente d'effacer) mais de ce point de vue, les Britanniques sont assez décevant. Ils sont décidément bons pour les tasses de thé, écrire des tweets sarcastiques et lever leur pintes de bière, surtout dans des périodes difficiles ».

Le Soir pour sa part, c'est concentré sur le modus operandi …

Et titre « du loup solitaire au terropportuniste » : « le modus operandi choisi par les trois auteurs des attaques perpétrées cette nuit au cœur de Londres est à la fois reconnaissable et inédit. Reconnaissable parce que très similaire dans son exécution à la course folle de Khalid Massood le 22 mars dernier. On se souvient que le Britannique de 52 ans avait fauché des passants qui traversaient le Pont de Westminster et, après avoir abandonné son véhicule, avait poignardé un policier devant le Parlement.

Inédit parce que la technique de la voiture-bélier n’avait jusqu’ici été utilisée que par un seul exécutant tandis que samedi, c’est bien une cellule qui a reproduit cette méthode aussi basique qu’efficace au vu des objectifs poursuivis par le groupe, à savoir semer la terreur au sein de la population, attiser les tensions entre les communautés et plus largement impacter notre mode de vie. »

Le Temps de Lausanne est plus accusateur : « Comment comprendre que les services de police britanniques se soient retrouvés à trois reprises confrontés à des attentats suicides, d'abord à Londres devant le parlement britannique (22 mars 2017, 5 morts), ensuite à Manchester lors du concert d'Ariana Grande (22 mai 2017, 22 morts) puis de nouveau à Londres samedi soir? «

La réponse avait été donnée au Temps, en mars, par le général de gendarmerie Bertrand Soubelet, aujourd'hui candidat aux législatives à Boulogne-Billancourt, près de Paris: «Comment mesure-t-on, dans une communauté, l'infiltration des idées meurtrières? Comment détecte-t-on des jeunes radicalisés jusque-là non-violents, et qui décident soudainement de passer à l'acte? Si vous n'avez pas d'informateurs dans leur réseau, c'est impossible.»

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