Une revue de presse est entièrement africaine

Et à la une du Mail & Guardian d'Afrique du Sud, l'anniversaire d'une star de la chanson sud-africaine : Brenda Fassie ou Ma Brrrr, la « madone des Townships ». Elle est décédée à 39 ans en 2004 et elle aurait eu 51 ans le 3 novembre dernier.

La musique est aussi à la une de The East African , un hebdo publié au Kenya, mais aussi en Ouganda et en Tanzanie. Mais cette fois, c'est une chanson de campagne électorale, celle du président ougandais Museveni, qui fait polémique.

Elle s'appelle « Tubonga Nawe », elle a été composée par un collectif de 15 artistes et elle est tellement louangeuse pour celui qui dirige le pays depuis 1986 en autocrate qu'elle a déclenché la colère des autres musiciens du pays.

Il faut dire que les 15 en question ont reçu plus de 100 000€ en cash pour leur peine !

Enfin, histoire de ne pas tomber dans le panneau de l'Afrique qui danse, sachez qu'au Zimbabwe, trois journalistes du Sunday Mail ont été arrêtés lundi soir. Ils avaient eu le tort de prouver les liens de corruption entre un officier de police de haut rang et l'empoisonnement récent de dizaines d'éléphants pour leur ivoire. Selon le Herald, on suppose que les 3 journalistes ont été emprisonnés pour avoir refusé de divulguer leurs sources dans ce qui est considéré comme une affaire d'Etat, tant le sort des éléphants est un sujet sensible en Afrique et dans le monde entier.

Dansons le « bombasse » au Sénégal

Etes-vous sûre de vouloir danser la « bombasse » avec moi ? Avez-vous mesuré ce à quoi vous vous engagez ? Parce que qu'hier, 5 jeunes femmes ont été arrêtées par la police sénégalaise parce qu'elles dansaient la « bombasse » sur une plage. Et ce n'est pas la première fois : mi juin, 37 jeunes dont 26 filles ont été emmenés au poste de Diourbel parce qu'ils dansaient jusqu'au bout de la nuit cette danse qualifiée d'obscène et appelée « bombasse ».

C'est simple, lisons le rapport de police : « alors qu'ils opéraient une rafle dans des quartiers malfamés, l'ouïe des policiers a été attirée vers la plage de Hann dans la nuit du 2 au 3 novembre où des adolescentes ont l'habitude de se rendre nuitamment ». « Elles étaient à poil, roulaient leurs reins, se culbutaient et secouaient fortement leurs croupes ». C'est comme ça que se danse le « bombasse », qui fait donc un tabac chez les jeunes Sénégalais et choque les parangons de vertu officielle et leurs parents.

Le « bombasse » vient de Jamaïque où elle s'appelle le « daggering » . Une danse si provocante et si clairement sexuelle qu'elle a été interdite en 2009 ! Le « daggering » jamaïcain a donc traversé l'Atlantique, pour débarquer où il a pris le nom de « Bombasse » et ça se danse sur des rythmes de ragga sénégalais ! Or il se trouve que le Sénégal qui est à plus de 90% musulman, le « bombasse » a donc choqué les leaders religieux. C'est d'ailleurs fait pour ça ! Et les jeunes Sénégalaises hurlent à l'hypocrisie, évidemment. Pourquoi ? Parce que dans les saabars traditionnels, ou lambeuls, les mères et grandes sœurs des ados arrêtées dansent de façon au moins aussi suggestive, mais comme c'est au bruit des djembés et devant les leaders religieux, c'est moins grave !

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