Plus d'une centaine d'explosions en 2019, deux fois plus qu'en 2018 : les règlements de comptes entre gangs n'ont pas encore fait de victimes en Suède mais c'est miracle !

Banlieue suédoise
Banlieue suédoise © Getty / Johner Images

On part en Suède qui fait face à une multiplication inédite d'explosions ! Ça semble incroyable et pourtant, au pays d'Igmar Bergman et de ses interminables et sublimes scènes de quiétude et d'introspection scandinave, on ne parle que de cela : 30 explosions en deux mois et une centaine rien que cette année.

Quand je dis explosion, je parle bien de bombes ! Pas plus tard que vendredi dernier, trois ont explosé en moins de 24h : une dans un appartement d'une cité de Malmö ; une autre sur un parking à 200km de là et une dernière dans la banlieue de Gotherburg.

C'est d'autant plus alarmant que ça double le chiffre de toute l'année 2018, qui avait tout de même connu 39 explosions. Et encore, le service policier de déminage a réussi à éviter le pire en détectant et déminant 76 engins explosifs rien que pour cette année.

Pas de morts, des blessés

Il y a eu certes des blessés, parfois graves, mais pas un seul mort jusqu'à présent et les engins concernés sont plutôt de petite puissance. Ensuite, ces explosions touchent des coins que les touristes ne visitent jamais comme des cités de banlieues. Mais ça pourrait vite changer : la police pense que des explosifs plus puissants ont été réceptionnés et des cibles plus symboliques ont été touchées : une église orthodoxe syriaque, par exemple, et aussi un bloc entier d'immeuble où 250 appartements ont été endommagés avec une bombe quarante fois plus chargée en explosifs. Pire : les pays voisins commencent à être touchés : trois explosions au Danemark.

Règlements de compte entre gangs

Il faut être clair : il ne s'agit pas de terrorisme mais bien de règlements de compte entre gangs et bandes rivales. C'est d'ailleurs pour cela que ça inquiète le Danemark : les trois explosions danoises sont toutes liées à des gangs suédois.

Le Danemark a donc décidé d'imposer des contrôles plus stricts aux frontières et notamment à l'entrée du fameux pont de l'Oresund, qui relie Copenhague à Malmö. Un pont qui était d'ailleurs le personnage principale d'une série policière suédo-danoise : Broen, en Danois, Le Pont en Français - la fiction qui rejoint la réalité en somme. Une réalité d'autant plus inquiétante que des meurtres par balle viennent s'ajouter à ces bombes : une quarantaine en 2018 et au moins autant pour 2019 !

Une première réponse catastrophique

Les autorités suédoises ont réagi - d'abord pas très bien : leur première idée en 2018 a été de décrêter une sorte d'amnistie explosive. L'idée, c'était que tout ceux qui voudraient rendre leurs explosifs aux autorités pourraient le faire sans poursuite et anonymement.

Le problème, c'est qu'un vent de panique s'est emparé des commissariats suédois qui ont bardé leurs façades d'affiches suppliant de ne surtout pas entrer avec des explosifs, mais de les déposer dans des lieux sécurisés : un échec retentissant cette politique.

Depuis des lois ont été votées, les procédures ont été simplifiées et des caméras de surveillance, déployées. Mais qui, évidemment profite de cette situation ? L'extrême-droite suédoise qui, dans les sondages, est à un cheveu de devenir le 1er parti du pays !

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