L'histoire du jour nous emmène en Chine où la pression immobilière frappe même les cimetières du pays...

Et c'est un vrai sujet d'actualité, alors que le festival de Ching Ming, c'est-à-dire du balayage des tombes, la Toussaint chinoise si vous préférez, s'est achevé mardi. Une période de trois jours pendant lesquels les Chinois visitent la tombe de leur proches. En Chine, on a l'habitude de dire « qu'enterrer est la bonne façon de traiter les morts ». Enterrer, rien d'autre. Or c'est bien le problème : les cimetières chinois des grandes villes comme Pékin ou Shanghai, sont pleins à raz-bord.

Pour vous donner une idée, acheter une concession de 20 ans à Pékin coûte désormais 70 000 yuans, environ 10 000€. Et le prix ne cesse de grimper. A Shanghai, il a plus que doublé en 5 ans et désormais le m2 de tombe coûte 2 fois le prix du m2 à vivre !

Babaoshan Revolutionary Cemeter, Beijing
Babaoshan Revolutionary Cemeter, Beijing © / Rolfmueller

Les autorités chinoises ont vu venir le problème de loin. Déjà en 2013, on savait que 80% des 40 cimetières de Shanghai serait combles d'ici 2016. On y est ! Même situation à Pékin. Du coup, des mesures d'urgence ont été prises. D'abord, toutes les familles de concessions expirées doivent être contactées. Dans certains cimetières de Pékin, ça peut représenter plus de la moitié des tombes. Ensuite, depuis février, un plan funéraire dit « éco-responsable » a été mis en place.

Qu'est-ce que ça veut dire, une tombe ou un enterrement éco-responsable ? D'abord, des tombes réduites de moitié. Pas besoin non plus de s'étaler : les morts se serreront un peu plus. Ensuite, les tombes familiales collectives. En clair : empiler !

Et enfin, quoi de plus éco-responsable que... l'incinération ? Avec création de parterres floraux pour répandre les cendres ou même organisation de croisières funéraires pour verser en mer les cendres de mamie.

Problème : c'est un échec retentissant puisque moins de 10% des familles acceptent l'incinération. D'autant que, malins, les Pékinois ou les habitants de Shanghai ont trouvé une solution : la banlieue ! D'immenses cimetières privés y ont ouvert pour la moitié des prix en ville.

Comme les Chinois ne visitent leurs morts qu'une seule fois par an, que mamie soit à 50km, c'est un moindre mal. Surtout si en plus elle est à son aise ! C'est même un des commerces les plus florissants du pays, ces cimetières privés, et ils sont côtés en bourse, évidemment !

La revue de presse est panaméenne ce matin...

J'ai voulu voir comment réagissait la presse du pays le plus vilipendé du monde ces derniers jours. Ils ne sont pas contents, mais alors pas contents du tout, les panaméens. Ou tout au moins leurs principaux quotidiens. Un exemple ?

« Mettre en doute la réputation d'un pays tout entier à cause des activités d'un cabinet d'avocats est un manque de respect envers tous les Panaméens sérieux qui veulent la transparence et le respectent les lois. Voilà la vérité ! » C'est dans le Panamá América .

Et il y a aussi ceux qui crient au complot...

Comme la Estrella de Panamá :

L'OCDE, les Etats-Unis et quelques autres pays développés refusent de nous retirer de la liste injuste des paradis fiscaux et font pression sur nous. Au même moment, paraît dans la presse internationale des informations filtrées sur le cabinet d'avocats Mossack Fonseca. Une entreprise ne saurait être confondue avec un pays tout entier. La république de Panamá ne protège pas les corrompus.

Notre position est de défendre le nom du Panamá. Nous sommes un pays petit géographiquement, mais grand par la détermination. Le Panamá n'est pas un paradis fiscal. Nous sommes des gens bien qui nous battons pour notre développement.

Enfin, il y a ceux qui, entre ironie et théorie complotiste croient, comme souvent en Amérique latine, avoir repéré la main des Etats-Unis. C'est le cas du quotidien El Siglo où l'on peut lire :

« On me dit que Gringoland s'intéresse de près à ces Panama Leaks. Ils veulent y piocher des preuves de corruption. Et on se demande sérieusement qu'elle est l'origine de cette fuite ? »

Ah le diable américain ! Partout et nulle part à la fois ! Comme c'est pratique !

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