L'année 2019 et les débuts de 2020 ont été marquées par d'immenses manifestations dans le monde entier. La pandémie a mis fin à ces protestations. Encore que...

Manifestation le 29 février à Hong Kong en Chine, après plusieurs mois d'arrêt à cause du coronavirus
Manifestation le 29 février à Hong Kong en Chine, après plusieurs mois d'arrêt à cause du coronavirus © Getty / Miguel Candela/SOPA Images/LightRocket

L'année 2019 et les débuts de 2020 avaient été marquées par d'immenses manifestations dans le monde entier. Manifestations qui, partout, ont évidemment cédé le pas devant la pandémie : plus question de protester par milliers dans les rues de Hong Kong, Alger, Bagdad, Beyrouth ou Santiago du Chili. Et ce parfois, à l'appel même des manifestants.

Reste qu'on peut être confiné et exercer son droit au mécontentement. C'est ce qu'il se passe au Brésil : devant l'imbécilité que certains jugent meurtrière des propos et du comportement de leur président, Jair Bolsonaro, des Brésiliens se mobilisent.

Par le biais des réseaux sociaux et à chaque fois que le président Bolsonaro intervient à la télévision, des dizaines de milliers de Brésiliens sortent à leur balcon avec des casseroles pour un "panelaço", une "casserolade" si vous voulez : un bruit d'enfer !

Les jeunes Hongkongais ont choisi d'aider les soignants

Il faut rappeler que les manifestations de Hong Kong on duré huit mois avec parfois plus d'un million de personnes dans les rues alors que ce territoire compte à peu près 8 millions d'habitants. Donc cesser de protester a été un véritable crève-coeur.

Comment faire pour maintenir vive la flamme de la protestation ? D'abord, les jeunes hongkongais ont continué d'investir les réseaux sociaux, leur spécialité. Ensuite, ils ont voulu être utiles : ils ont collecté des masques, 300 000, pour les offrir aux soignants.

Enfin, ces mois de bras de fer avec le gouvernement local inféodé à Pékin ont laissé des marques : en février, les soignants ont organisé une grève très suivie pour obtenir la fermeture des frontières avec la Chine. Ils ont aussitôt obtenu gain de cause.

Le monde arabe reste vigilant

Souvent dans des conditions difficiles, comme à Bagdad, où tout s'est arrêté : la place Tahrir est aujourd'hui déserté par ces jeunes protestataires qui y avait édifié une sorte de commune libre. L'épouvantable pandémie du voisin iranien a calmé les ardeurs.

Au Liban, où l'on a manifesté jusqu'en février, à la crise économique brutale s'ajoutent les mesures de confinement. Résultat des centaines de milliers de chômeurs en plus et des protestations de faim qui grondent à Tripoli ou dans les faubourgs pauvres de Beyrouth.

En Tunisie, des centaines de manifestants ont bravé le confinement avec ce slogan : "plutôt mourir du coronavirus que de la faim" : il y a là-bas des pénuries de farine et de semoule et donc des soupçons de spéculation et d'accaparement.

L'Algérie enferme, le Chili provoque

Le mouvement Hirak qui s'était essoufflé avant les mesures de confinement, est aujourd'hui à l'arrêt. Ce qui n'empêche pas Alger de continuer à régler ses comptes : le 24 mars, Karim Tabbou a été condamné à une année supplémentaire de prison.

Pour rappel, Karim Tabbou est un des leaders du mouvement Hirak. Un des plus dangereux pour le gouvernement algérien : il est charismatique et c'est un vrai politique, il faut le briser et donc le maintenir en prison le plus longtemps possible.

A l'heure où, dans tous les pays du monde, on libère des prisonniers, de peur de créer des foyers d'infection au Covid-19, l'Algérie officielle continue d'enfermer. Enfin, au Chili, les étudiants ont une bonne raison d'être furieux, même confinés.

On a photographié vendredi le président Piñera sur la place Italia de Santiago, le cœur des manifestations de l'automne : il contemplait la place vidée de ses manifestants. Beaucoup ont pris cette petite promenade de santé pour une sinistre provocation.

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