Vjosa Osmani a 38 ans, est très populaire et féminisme assumée. Elle est devenue présidente de son petit pays des Balkans, remplaçant une génération de combattants indépendantistes.

Vjosa Osmani le 4 avril 2021 après son élection
Vjosa Osmani le 4 avril 2021 après son élection © AFP / Erkin Keci / ANADOLU AGENCY / Anadolu Agency

Elle s’appelle Vjosa Osmani, elle 38 ans et elle a, avec son allié réformiste de gauche, brillamment remporté en février les élections législatives de ce petit pays des Balkans, à peine plus grand que la Corse et peuplé d’un peu moins de 2 millions d’habitants.

Elle a tout pour plaire, Mme Osmani. D’abord, elle ne manque pas d’expérience pour conduire le pays : ancienne présidente du parlement kosovar, elle a été nommée présidente par intérim suite à la démission, en novembre, du président Hashim Thaçi.

Hachim Thaçi, c’était le héros de la vieille-garde qui a fait la guerre aux Serbes entre 1998 et 2000 et proclamé l’indépendance du pays en 2008. Une vieille-garde qui doit répondre aujourd’hui de crimes de guerre et qui a été déférée à La Haye pour être jugée.

Vjosa Osmani, c’est donc une page qui se tourne : elle est juriste, écolo, féministe et surtout très populaire avec son programme anti-corruption. 

De plus, elle promet de se focaliser sur deux des plaies du pays : le chômage de masse et la dépopulation.

Une saignée de jeunes et de diplômés vers l'Europe du nord

Lorsqu’un tiers de la population est au chômage et que ce chiffre grimpe à 50% chez les jeunes, la solution c’est de partir plus au nord, c’est-à-dire en Suisse ou en Allemagne. La fuite des diplômés ou tout simplement des jeunes Kosovars confine à la saignée.

Eh puis, les Kosovars en ont tout simplement assez d’entendre parler de guerre, de Serbie, de Russie, de Grande Albanie ou encore de patrouilles de l’OTAN. Ils veulent au moins tester un gouvernement rajeuni qui tente de régler leurs problèmes au quotidien.

Le Kosovo, prisonnier de la géopolitique 

D’abord, le Kosovo n’est toujours pas un pays à part entière : la Russie et la Chine, alliés de la Serbie, l’empêchent d’entrer à l’ONU, par exemple et, il y a quelques semaines à peine, à Interpol.

Ensuite, même au sein de l’Union européenne, des pays comme l’Espagne refusent encore de le reconnaître. De plus, plus de vingt après l’intervention de l’OTAN, il reste 3 500 hommes de l’Alliance atlantique cantonnés sur place.

C’est très long pour ce qui est supposé être une « mission de paix ». Des soldats de l’OTAN qui protège toujours, entre autres, un monastère orthodoxe et ses moines dans le nord du pays, où est toujours retranché l’essentiel de la population serbe.

L'avenir moins sombre du Kosovo

D’abord, il est rassurant qu’une nouvelle génération politique s’installe. Ensuite, des négociations sont toujours ouvertes avec la Serbie qui, elle aussi, a une nouvelle génération au pouvoir. La première ministre, depuis 2017, s’appelle Ana Brnabic.

Elle a 45 ans, est ouvertement lesbienne et réputée très compétente. Deux femmes au pouvoir, pragmatiques et ouvertes des deux côtés de la frontière : c’est une grande chance pour l’avenir du Kosovo et de la Serbie.