Il s'appelle Nayib Bukele et il a été superbement élu dès le 1er tour. Un nouveau président qui devra affronter violence et corruption mais qui porte l'espoir de tout un pays.

Direction le Salvador ce matin, où un jeune président vient d'être élu et avec superbe encore, puisqu'il n'y aura pas besoin d'un second tour : Nayib Bukele, 37 ans, maire de San Salvador jusqu'à l'année dernière, a obtenu plus de 53% des suffrages et a littéralement balayé les deux candidats, on va dire institutionnels.

C'est à dire d'un coté la droite du parti Arena et la gauche, dont il est issu d'ailleurs, le Front Furabundo Martí, le FMNL, qui a littéralement perdu pied avec seulement 13,7% des suffrages, un peu à l'image du Parti socialiste français à l'issue de la présidentielle.

On comprend un peu mieux, même si comparaison n'est pas raison, les raisons de l'effondrement des partis traditionnels. Comme dans le monde entier, le « dégagisme » fait des ravages dans la classe politique. C'est l'heure des outsiders, comme M.Bukele.

Ancien maire et nouvelle preuve du "dégagisme" mondial

Oui, mais il a démissionné de ses fonctions parce qu'il s'opposait justement aux hiérarques de son parti de l'époque, la gauche du Front Furabundo Martí. Or il avait en trois années de mandature prouvé qu'il était efficace et bon gestionnaire.

Il a aussi démissionné, il faut l'expliquer, parce que son parti d'origine refusait d'envisager sa candidature à la présidentielle. Ensuite, je ne sais si vous l'avez bien remarqué, il a un nom un peu particulier pour un pays hispanophone comme le Salvador.

Il s'appelle Nayib Bukele ! En fait, il est « turco » comme on dit en Amérique latine. C'est-à-dire qu'il appartient a une minorité siro-palestino-libanaise qui a immigré dans les années 20 du siècle dernier, époque de l'Empire ottoman, d'où le nom de « Turc ».

Quand les fake news prétendent qu'il est musulman

Il est Catholique. Mais la question est importante, parce que ses opposants ont tenté de la discréditer en diffusant une « fake news » qui sent mauvais cette époque de rumeurs invérifiées insinuant qu'il était en fait musulman. Un peu comme Barak Obama.

Mais ça ne l'a pas empêché de faire campagne sur l'essentiel pour les Salvadoriens, à savoir la corruption qui gangrène le pays. Comme on est en Amérique latine, son slogan « que devuelvan lo robado », qu'ils rendent ce qu'il ont volé, se décline en chanson.

La corruption, la violence et la pauvreté

La corruption qui a envoyé en prison les trois précédents présidents ! Il y aussi la violence qui fait du Salvador un des pays au monde où l'on compte le plus d'homicides : 3 600 pour 2018 dans un pays de 6,5 millions d'habitants.

On la doit entre autres au règne de dizaines de gangs, appelés maras dont les leaders et certains des lieutenants ont été expulsés dans les années 80 et 90 des Etats-Unis et qui ont poursuivi leur carrière criminelle au pays.

On a tout essayé contre eux, notamment la politique dite de « mano dura », c'est-à-dire la fermeté, donc les crimes policiers policiers extrajudiciaires. Il ne reste plus qu'une chose à faire : négocier. C'est précisément ce que veut faire Niyib Bukele.  

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