Lisbonne a décidé de restreindre l'accès à ses "visas en or" qui permettait à des ressortissants hors UE d'obtenir la résidence contre 500 000 € d'investissements.

Direction le Portugal ce matin, où le parlement a mis fin au « Visas en or ». Il ne s'agissait pas de visas pour rappeur. Il s'agissait d'un programme qui, au Portugal, existait depuis 2012, en pleine crise économique, et qui permettait à un investisseur extérieur à l'Union européenne d'obtenir rapidement la carte de résidence.

Or, une fois que cet investisseur, disons Chinois, obtenait ce Graal, il pouvait accéder à l'ensemble des 26 autres pays membres de l'UE appartenant à l'espace Schengen. Autrement dit, il s'agissait donc bien d'un « visa en or ».  

O celui du Portugal était particulièrement avantageux : son ticket d'entrée, c'est-à-dire la somme d'argent qu'il fallait investir pour l'obtenir, était relativement bas : 500 000 € ! Et les affaires, notamment dans l'immobilier, nombreuses et très rentables.

Boom de l'immobilier et 5 milliards récoltés

Et c'est bien le problème : les associations d'habitants de Lisbonne ou de Porto se plaignaient depuis longtemps que ces « visas dorés » avaient des moyens financiers incomparables par rapport au Lisboètes du commun et alimentait la spéculation.

La réalité est moins binaire : depuis 2012, 8 000 « visas en or » ont été distribué et un peu moins de 5 milliards d'euros investis. Cet argent est allé pour 95% dans l'immobilier, en clair, les bénéficiaires se achetés un pied-à-terre. Donc un point pour les assocs !

Sauf que 5 milliards d'euros en 8 ans, c'est une goute d'eau dans un pays qui produit 200 milliards d'euros annuels ! De plus, ces investisseurs sont monomaniaques : ils veulent Lisbonne et le centre historique : des quartiers qui ont toujours été hors de prix, donc inaccessibles à vos fameux « Lisboètes du commun ». Un point pour les défenseurs du programme !

Exclure Lisbonne et Porto

Et pour mettre tout le monde d'accord, le Parlement portugais a eu une idée de Sioux : restreindre l'obtention de ce « visas en or » à ceux qui veulent investir au Portugal, sauf à Lisbonne ou à Porto !

Autrement dit, si vous voulez un pied-à-terre, ce sera Bragance, Coimbra ou Castelo Branco. Evidemment, pour les Chinois, qui sont 60% a avoir obtenu ces permis de résidence pour riches, c'est plus compliqué à vendre.

C'est d'ailleurs parce qu'il y a eu une hausse subite ces derniers mois de demandes de renseignements pour ce programme venues d'Asie que le Parlement portugais s'est empressé de le réformer. Je dis « Asie », je devrais plutôt dire Hong-Kong.

Hong-Kong et Bolsonaro

Pas les manifs en elles-mêmes, mais la raison qui a déclenché ces manifestations ! Rappelez-vous : le gouvernement de Hong-Kong voulait faire adopter une loi facilitant les extraditions judiciaires entre l'ancienne colonie britannique et la Chine populaire.

Il y a donc eu une poussée de fièvre migratoire de riches Chinois installés. Le même phénomène s'est d'ailleurs produit avec les Brésiliens qui, derrière les Chinois, sont la 2e nationalité amatrice de « visas en or » portugais, après l'élection de Jair Bolsonaro.

En fait, ce phénomène de « sauve-qui-peut » des riches Brésiliens ou Chinois touche toute l'Europe : ous les pays d'Europe proposent ce type de visas en or, France comprise. Il y a même trois pays en Europe qui propose carrément des « passeports en or » !

Vous avez bien compris : à Chypre par exemple, il suffit de 2 millions d'euros investis et vous repartez avec la nationalité chypriote. Trois pays pratiquent cette naturalisation expresse : Chypre, Malte et la Bulgarie.

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