Une revue de presse internationale entièrement dédiée à Charlie Hebdo

Et alors que parfois je dois chercher longtemps avant de trouver un papier pertinent, cette fois-ci, on peut vraiment dire que l'essentiel des journaux de la planète ont voulu marquer le 1er anniversaire des attentats du 7 janvier 2015 contre l'hebdo satirique.

Et à tout seigneur tout honneur, commençons par l'Osservatore Romano , le quotidien officiel du Vatican. L'Osservatore qui consacre un commentaire à la une anniversaire où l'on voit Dieu couvert de sang fuyant la scène du crime :

« Derrière cette représentation offensante exprimant une laïcité radicale, l'hebdo oublie une fois de plus que les leaders religieux de toutes fois ont condamné et rejeté le recours à la violence au nom de la religion. »

« Utiliser le nom de Dieu pour justifier la violence est un blasphème, le pape François l'a répété plusieurs fois. »

En Colombie, le quotidien El Tiempo consacre à cet anniversaire un édito très personnel de son rédacteur en chef :

« Par hasard », raconte-t-il, « je me trouvais à Paris en escale la veille de l'attentat et c'est en arrivant à Bogotá que j'ai appris la nouvelle de la mort de quelques uns de mes amis. J'ai connu Wolinski à la fin des années 80 et Tignous en février 2010. Leur brutal assassinat m'a profondément et personnellement marqué, mais qu'on ne s'y trompe pas : il ne s'agissait pas d'un attentat contre l'humour ou contre la presse mais contre la démocratie et le pluralisme, contre notre culture et la Liberté ».

La presse arabe se souvient de ces attentats mais à sa façon : le quotidien panarabe Asharq al Awsat évoque une Une offensante pour marquer les un ans du massacre : « en se moquant une fois de plus en une de la religion, Charlie pour ce n° commémoratif prend le risque de fâcher une fois de plus les musulmans ».

Evidemment, le tout sans publier la une de cette semaine. Une pudeur que n'ont pas les quotidiens brésiliens : tous, à commencer par A Folha de Sao Paulo, la reproduisent en grand et en citant l'édito de Riss et son éloge de la laïcité.

Le quotidien libanais L'Orient Le Jour souligne pour sa part avec amertume que « l'esprit du 11 janvier n'a pas survécu au refus d'une partie de la population de se rallier au slogan « Je suis Charlie » et aux jeux politiques traditionnels ».

Le quotidien francophone qui ajoute : « désormais, la France est en guerre. Une guerre à laquelle les Français n'étaient pas préparés et qui s'est imposée à eux, au-delà de la violence et du spectaculaire des attentats de janvier et de novembre 2015 ».

Dans le webzine américain Politico , c'est la tradition caricaturiste française qui est mise en valeur.

Et sa résilience quoiqu'il arrive, soulignée une fois de plus par cette une commémorative représentant Dieu et reproduite – ce qui n'est pas évident pour un média américain. Une « tradition satirique sans compromis et violemment anticléricale ».

L'Irlandais The Irish Times , pour sa part, dans un édito ému préfère se souvenir de la vague de solidarité internationale qui avait suivi les attentats autour notamment du slogan « Je suis Charlie ». C'est le seul aussi à citer bizarrement Johnny Hallyday qualifié de « géant français du rock » et sa chanson « un dimanche de janvier » sur la manifestation qui a suivi.

Le quotidien souligne par ailleurs « l'hypocrisie d'une partie de ceux qui manifestaient le 11 janvier pour défendre la liberté d'expression et qui, sitôt rentré chez eux, ont continué de censurer emprisonner voire exécuter leur propres opposants et journalistes. A commencer évidemment par les 47 exécutions saoudiennes du 2 janvier.

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