A coup de milliards d'euros et de villes nouvelles.

Ville nouvelle en Chine
Ville nouvelle en Chine © AFP / FREDERIC J. BROWN

Celle-là s'appelle Horgos, elle se situe à cheval sur la frontière kazakh, à l'extrême ouest du pays. En 2014, il n'y avait rien. Aujourd'hui : 85 000 habitants, deux nouvelles lignes de train, des gratte-ciels, des grues partout et beaucoup de propagande.

L'idée c'est de faire de cette ville nouvelle la perle du Xinjiang, une région très problématique pour la Chine puisqu'elle est peuplée de Ouïgours, c'est-à-dire de musulmans qui voit les Chinois comme des colons.

Donc rien n'est trop beau pour Horgos

Le gouvernement chinois multiplie les spots télévisés pour attirer les investisseurs ou pour vanter son extraordinaire développement. Par exemple, Horgos est une ville franche, c'est-à-dire quasiment sans impôts.

La réalité est très éloignée de la propagande officielle. C'est un journaliste de l'agence Reuters qui a fait le voyage et qui est revenu avec quelques témoignages édifiants ! Il y a celui d'un business man d'Urumqi, la capitale Ouïgour, qui s'est baladé trois heures dans la ville.

On a tellement été déçu qu'on est même pas resté sur place : on a préféré faire demi-tour et faire 8h de route pour revenir à Urumqi.

Un autre que le gouvernement chinois voulait convaincre d'ouvrir un club pour VIP en goguette est encore plus clair :

A Hongos, on ne voit que des paysans kazakhs errer dans les rues avec des sacs en plastique bourrés de t-shirts chinois bon marché, et vous voudriez que je construise un club pour businessmen ? Il n'y a même pas d'hôtel dignes de ce non ! Pas question !

Pourtant les Chinois n'en sont pas à leur première ville nouvelle. Ils n'en sont pas non plus à leur premier éléphant blanc ! Le plus célèbre est la ville nouvelle de Kambashi en Mongolie intérieure chinoise : une ville entière, des stades, des avenues, des écoles. Une capacité de 300 000 personnes et à peine 100 000 résidents aujourd'hui.

Mais le problème d'Hongos, ou Khorgos en Kazakh, est presque plus grave. D'abord, la ville est certes un port franc, mais sans obligation de s'y installer ou d'y produire. Autrement dit, c'est devenu une sorte de paradis fiscal pour des milliers d'entreprises.

Ensuite, pour se développer, il faut que les Kazakhs jouent le jeu de leur côté de la frontière. Or le Kazakhstan se méfie de la Chine et la Russie, alliée du Kazakhstan, freine des quatre fers. C'est donc mal parti pour la perle de la nouvelle route de la soie !

Untour dans le presse Comorienne

Vous avez tous entendu parler de la mauvaise blague de notre président sur les kwassa-kwassa, ces esquifs qui « pêchent peu et qui ramènent du Comorien » vers Mayotte. L'Elysée s'est fendu d'un communiqué, expliquant qu'il s'agissait d'une maladresse.

Evidemment, vu des Comores, c'est peu dire que cette séquence filmée n'est pas passé inaperçue. Le quotidien Comores Info pose en une la question suivante : « pourquoi tant de haine à l’égard du Comorien « comme on dirait « du poisson », par exemple.

Et il conclut : « les autorités Françaises sont-elles consciente des conséquences de leur politique violente et méprisante à l'égard de ce pauvre petit pays. Tant de haine crée de la haine dans cet archipel, paisible, francophile et peuplé de français de coeur ».

Al Watwan, pour sa part, insiste sur les milliers de comoriens noyés entre les Comores et Mayotte : « Pour un président qui a qualifié le colonialisme de «crime contre l’humanité», ces propos sonnent comme une profanation de nos morts en mer ».

Enfin, il y a des dérapages : dans Habazi Za Comores, un site d'info, un éditorialiste s'en prend à l'ambassadeur de France, Roby Judes, qui se trouve être Antillais : il y est traité d' « esclave incapable de comprendre que les paroles de son maître sont une insulte ». Du coup, j'en suis presque à préférer la blague déplacée mais sans haine du président ?

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