Lorsque le "cher leader" exprime un début de commencement de critique, les têtes tombent à Pyongyang... et les "spectacles de masse" s'interrompent.

Ça fait plusieurs semaines que les signes de mécontentement de celui qu'on appelle là-bas le « cher leader » transpirent dans la presse internationale. Il y deux semaines, un quotidien sud-coréen rapportait que 5 diplomates de Pyongyang avaient été exécutés !

Dont l'envoyé personnel de Kim Jong Un aux Etats-Unis, Kim Hyok Chol. On leur reprochait l'échec du sommet de Hanoï avec Donald Trump. Sauf que ce dernier est réapparu avant hier à la télévision.

Donc, toujours se méfier des infos en provenance ou à propos de la Corée du Nord. Enfin dernier signe en date de nervosité : les spectacles de masse, vous savez ces immenses tableaux humains parfaitement synchronisés et impliquant des milliers de danseurs.

Des tableaux humains qui confinent à la torture

C'est même le dernier pays au monde à pratiquer cette spécialité qui était celle des pays du bloc communiste à la grande époque : on pouvait en voir en Roumanie, par exemple. Mais la Corée du Nord en a fait une spécialité touristique !  

Les agences autorisées à faire venir des groupes à Pyongyang, pour des visites très encadrées, proposaient des billets pouvant coûter jusqu'à 900 dollars pour ces spectacles de masse où des milliers d'adultes et surtout d'enfants dansaient des heures durant.

Or, il y a quelques semaines, des « transfuges » nord-coréens – c'est-à-dire des nord-coréens qui ont rejoint la Corée du Sud – ont expliqué que ces enfants s'entraînaient des heures durant dans ce qui pouvait être considéré comme des mauvais traitements.

"Irresponsabilité au travail"

Exactement ! Or lundi, Kim Jong Un et son épouse Ri Sol-Ju assistaient précisément à l'un de ces spectacles, appelé Terre du Peuple dans un stade de Pyongyang de 150 000 places. Et, oh surprise ! Le cher leader n'a pas aimé ce qu'il a vu !

Est-ce parce qu'il y avait un portrait géant de lui alors qu'il se méfie de la déification officielle de ses aïeux ? Mystère ! On sait  simplement qu'il a reproché aux organisateurs leur « mauvais esprit de création et l'irresponsabilité de leur attitude au travail.

Aussitôt, le spectacle en question a été interrompu et les agences de voyage l'ont déprogrammé de leur catalogue « pou quelques jours ou quelques semaines ». Maintenant passons, si vous le voulez bien à la « kimologie »...

La « kimologie », une nouvelle science

A l'époque soviétique, il y avait la « soviétologie » qui consistait pour des experts à lire l'état des débats internes au sein du PCUS dans la place occupée par les différents membres du Comité central lorsqu'ils apparaissaient en public sur la place rouge.

En Corée du Nord, il y donc aujourd'hui la « kimologie » qui consiste à tenter de lire entre les lignes, entre les gestes, entre les mots, des officiels du régime. Or de l'avis de tous les kimologues, cet agacement du cher leader signifie : gros temps à venir !

L'échec du sommet d'Hanoï avec Donald Trump signifie que les sanctions ne sont pas prêtes d'être levées. En clair, ce n'est plus le moment des enfants qui dansent mais d'une propagande et d'une réalité plus robuste : serrer les coudes et plus amuser la galerie.

L'équipe
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.