Entre 2018 et cette année, Moscou a fait livrer à Caracas des palettes entières de cash : euros et dollars en petites coupures. Une façon d'alimenter le régime Maduro en devises dont il manque cruellement.

Cash américain
Cash américain © Getty / Oleg Golovnev / EyeEm

Direction le Venezuela ce matin qui reçoit de Russie des montagnes de billets. C'est l'agence d'information Bloomberg qui révèle cette info rocambolesque : entre mai 2018 et avril 2019, la Russie a fait parvenir à Caracas une somme totale de 285 millions d'euros. Mais pas de façon habituelle, c'est-à-dire par virement de banque à banque, non, cet argent-là Vladimir Poutine l'a envoyé en cash et en plusieurs fois encore. En avril dernier, par exemple, ce sont deux avions cargos en provenance de Moscou qui se sont posés à Caracas avec en tout 87M€ en petite coupure.

Des coupures d'euros et de dollars bien sûr. En janvier, 100 millions d'euros en billets de 100€ les avaient précédés et quelques jours plus tôt, 45M€, toujours en petites coupures : des palettes entières de devises fortes ont ainsi été délivrées par les airs.

Un pays sous sanctions et qui manque de devises

Le Venezuela est sous un régime de sanctions économiques et financières, américaines et européennes. Mais la Russie, qui fait ce qu'elle veut avec son argent, n'a pas de raison d'appliquer des sanctions qui lui sont étrangères.

Moscou a déjà prêté pas mal à Caracas et cet envoi d'argent liquide semble correspondre à des règlements commerciaux entre les deux pays. 

A la décharge de Moscou, les Etats-Unis, eux aussi, ont déjà dans le passé pratiqué la livraison d'argent liquide par avion. C'était en janvier 2016, le président Obama a livré 400M$ en cash et en avion à l'Iran. Un premier « virement » qui a été suivi un peu plus tard d'un second d'1,3 Md$. Il s'agissait, suite à l'accord sur le nucléaire de 2015, de régler une vieille dette d'armement.

Payer les soldes des militaires et les importations

Le Venezuela est totalement coupé des circuits financiers internationaux et a besoin de devises fortes – dollars, euros – pour toute transaction avec l'extérieur. Personne n'accepte plus la monnaie locale qui ne vaut plus rien.

Donc, pour payer les soldes des militaires – qui sont le vrai pilier du régime – mais aussi pour payer les importations de produits de première nécessité – le Venezuela importe tout – il faut des dollars et, mieux encore, du cash.

Mais ce qui est intéressant, c'est qu'en plus de ces palettes d'argent frais, Moscou prend souvent soin d'ajouter des mercenaires russes, payés par le Kremlin et envoyés sur place pour conseiller le régime et l'entourer une garde prétorienne. On ne sait jamais !

La crise, toujours la crise...

Pour une fois, on a des chiffres officiels ! Pour la première fois depuis 5 ans, la Banque centrale vénézuélienne a publié des chiffres : la richesse produite par le Venezuela a été divisée par deux depuis l'arrivée au pouvoir du président Maduro.

Quant à l'inflation, elle aurait été de 130 000 % en 2018 ! C'est un peu sous-estimé : selon un autre calcul, c'est 1 700 000%, mais on ne va pas chipoter ! Reste qu'il y a une certaine amélioration pour 2019 : 1 000% pour les 4 premiers mois de 2019 ! Une paille !

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