Il y a ceux qui ont raté leur examen, comme Donald Trump ou Jair Bolsonaro, et ceux qui s'en sortent avec les félicitations du jury : Angela Merkel ou Guiseppe Conte. Tour du monde.

Donald Trump fait partie des mauvais élèves dans sa gestion de la crise du Covid-19
Donald Trump fait partie des mauvais élèves dans sa gestion de la crise du Covid-19 © Getty / Bill O'Leary/The Washington Post

L'épidémie de covid-19 sert de test pour la popularité et la résilience de beaucoup de leaders dans le monde et les met à l'épreuve. Certains passent le test haut-la-main, d'autres échouent lamentablement. Parmi les perdants, il y a la "triade américaine" : Donald Trump, le brésilien Jair Bolsonaro et le mexicain Lopéz Obrador.

Entre le président étasunien qui expliquait que le virus disparaitrait "comme par miracle", que c'était une "vaste blague" fomentée par "ses adversaires politiques" ; le président brésilien qui décrivait une "petite grippe", voire "un fantasme"...

Tout en prenant un bain de foule à Brasilia ou encore le président mexicain qui invitait à se rendre dans les restaurants ou les bars, s'y rendait lui-même, serrait des mains et embrassait... On ne sait qui remporte le pompon de la bêtise ou de l'inconscience.

Sous-estimation, superstition mais aussi courage

Certes : on pourrait évoquer le président indonésien, terrifié à l'idée que l'économie fragile de son pays de 260 millions d'habitants ne plonge et qui a admis, la semaine dernière, avoir fait de la rétention d'information, pour ne pas semer la panique.

Du coup : certains de ses ministres s'en sont remis à la prière, pour éloigner le coronavirus. Mais il y a aussi quelques héros dans cette guerre mondiale : par exemple, Nayib Bukele, le président salvadorien, à peine élu et jeune trentenaire. 

Alors qu'il n'y avait aucun cas dans son pays ravagé par la violence et la misère, il a fermé les frontières aériennes et terrestres et ordonné le confinement de sa population dès le 11 mars, c'est-à-dire comme l'Europe : réussite totale saluée par l'OMS.

Merkel et Moon, deux exemples de réussite face au virus

Moon Jae-in est un vrai "comeback kid" : il a commencé par expliquer que le virus "disparaitrait très vite" et qu'il n'était pas nécessaire de porter un masque, puis devant l'évidence et un foyer virulent dans la ville de Daegu, il a réagit de façon décisive.

Tests massifs, analyse de données téléphoniques et fermeture volontaire d'entreprises : en quelques semaines, ce qui était le foyer le plus important de l'épidémie hors de Chine et devenu l'exemple à suivre avec moins de 10 000 cas d'infection.

Il y aussi Angela Merkel, qui est toujours incroyablement efficace pendant les crises : non seulement elle a prêché par l'exemple en s'auto-confinant, mais elle a misé sur la vérité en expliquant que 70% de la population allemande pouvait être affectée.

La popularité d'Angela Merkel au beau fixe !

63% d'opinions favorable ! Surtout, pas question pour "Mutti Merkel" d'un "Vive la République, Vive l'Allemagne" ou un "God bless Germany", elle a achevé son adresse au peuple allemand par un chaleureux : "prenez soin de vous". Bingo, carton plein !

Autre bon élève, le Premier ministre irlandais, Leo Varadkar, médecin de formation, qui a intégré un centre d'appel d'urgence. Ou la première ministre néo-zélandaise, Jacinda Ardern, qui a assuré aux enfants que le lapin de Pâques faisait partie des travailleurs prioritaires et distribuerait des œufs malgré le confinement.

Mais le dirigeant le plus loué par ses concitoyens pour sa gestion de la crise sanitaire, c'est l'italien Giuseppe Conte. Lui qui n'a pas été élu, qui a été nommé par défaut, lui le professeur de droit constitutionnel sans charisme, ni parti politique, ni amis puissants.

Il culmine à 71% d'opinions favorables : c'est lui qui a pris la décision de confiner l'Italie, lui qui a sorti un plan de relance qualifié de "bazooka" et c'est lui enfin qui a relégué le populiste Matteo Salvini aux pages intérieures des quotidiens italiens. Bel revanche !

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