En Italie, on veut vacciner heureux. D'où des initiatives étonnantes, comme se faire piquer dans un vaporetto italien ou dans un musée napolitain. Récit.

Se faire vacciner dans un musée. Ici en janvier 2021 à Naples dans une exposition
Se faire vacciner dans un musée. Ici en janvier 2021 à Naples dans une exposition © Getty / Pacific Press

Tous ceux qui sont allés à Venise connaissent les "vaporetti", ces bateaux-bus qui permettent de se déplacer sur les canaux et entre les îles de la Lagune. C’est le moyen le plus simple, le moins cher et le plus romantique aussi de visiter La Sérénissime.

Mais cette fois-ci, ces ferries servent aussi de centre de vaccination mobile

Le principe est simple : vous montez à bord du vaporetto à destination de l’île de Sant’Erasmo et, sur le trajet, on vous pique si toutefois vous remplissez les conditions de priorité.

L’idée est de rapprocher le vaccin du quotidien des Vénitiens. Il y a bien sûr ces centres de vaccinations en forme de primevère, dont j’avais déjà parlé ici : il y en a 1 500 dans tout le pays. Mais il a fallu accélérer, en Italie comme en France.

Pourquoi pas se faire vacciner dans un musée napolitain ?

Sauf que cette idée de vacciner dans des endroits insolites n’est pas propre à Venise : dans toute l’Italie on vaccine… j’allais dire poétiquement. A Naples, au milieu des œuvres d’art, dans trois musées de la ville dont celui majestueux de Capodimonte.

A Rome, dans le tout nouveau centre des congrès édifié par le starchitecte italien Massimiliano Fuksas, à Milan dans le centre d’art contemporain Fabrica del Vapore ou à l’hippodrome de Monza, ou en Sicile dans les 300 plus belles églises de l’île.

L’idée est partout la même : positiver cette campagne de vaccination pour emporter l’enthousiasme des Italiens. Alors pourquoi ne pas visiter un musée ou une église baroque et se faire piquer ? L’utile et l’agréable dans un même geste… à l’italienne !

En nombre de doses, l'Italie comme la France

C’est la limite de cette opération de séduction plus joyeuse et plus inspirée que la nôtre : l’Italie ne reçoit pas plus de doses que nous de l’Europe : au 4 avril, un peu plus de 18% des Italiens avaient reçu au moins une dose… comme les Français.

Le scoop d’hier du quotidien Il Messaggero et qui met, une fois de plus, AstraZeneca sur la sellette ne va rien arranger : Marco Cavaleri, responsable des vaccins à l’Agence européenne des médicaments, fait "un lien clair entre le vaccin et les cas de thrombose".

Un coup de frein de plus pour le sérum de la firme suédo-britannique. Mais comme l’Italie est toujours pleine de surprises, figurez-vous qu'il y a tout de même un coin du pays qui vaccine comme nulle part ailleurs en Europe.

Saint-Marin, si loin si proche de la... Russie

Pour être tout à fait juste, il ne s’agit pas vraiment de l’Italie mais de la République de Saint-Marin. Un micro-état indépendant qui a réussi à se procurer des dizaines de milliers de doses du vaccin russe Sputnik V. Et pour une raison qui tient à l’histoire.

Dans les années 60, Saint Marin était le seul État occidental à être dirigé par le Parti communiste. Les Russes ont su s’en souvenir. Résultat : plus d’un tiers des 30 000 Sanmarinese sont désormais vaccinés et le pays est aujourd’hui champion d’Europe !