C'est une histoire qui mêle art, mystère, beauté et peinture.

La réception d'une oeuvre de Ben Enwonwu dans les locaux du Daily Mirror en 1961
La réception d'une oeuvre de Ben Enwonwu dans les locaux du Daily Mirror en 1961 © Getty / Mirrorpix

Celle que tout le Nigéria appelle « sa » Mona Lisa est en fait un portrait de princesse. Le portrait réalisé en 1974 de la princesse Adetutu Ademiluyi, plus connue sous le nom de princesse Tutu.  

L'artiste est considéré sur place et par tous les connaisseurs d'art africain comme le plus grand peintre moderne du Nigéria, un des plus importants d'Afrique : Ben Enwonwu, mort en 1994. Et ce portrait de la princesse Tutu est son œuvre la plus connue et aimée.  

Elle est reproduite en poster dans tout le pays et orne les murs de milliers de domicile, boutiques et autres centre culturels. Autrement dit, cette peinture est devenue le symbole de l'art et de la beauté nigériane : un croisement de Joconde et de Marianne.  

Et pourtant, l'original a disparu...  

Aussi incroyable que cela puisse paraître, les 3 originaux ont disparu sans laisser aucune trace. Parce que Enwonwu a peint 3 versions de sa princesse Tutu. Lors de ses funérailles en 1994, c'est donc une reproduction qui l'a suivi dans la tombe !  

Donc le tableau le plus célèbre du Nigéria et probablement d'Afrique n'existait qu'en poster. Et ce jusqu'à la fin de l'année dernière lorsqu'une famille africaine installée à Londres s'est rapprochée d'un spécialiste d'art africain pour lui demander une expertise.  

Giles Peppiatt, directeur de la section art africain de la maison d'enchères Bonhams se rend sur place et croit d'abord avoir affaire a une de ces nombreuses reproductions de la princesse Tutu. Et puis il doit se rendre à l'évidence : c'est un des originaux.  

Mais comment est-il arrivé là ?  

C'est une simple histoire d'immigration : le père de cette famille ordinaire aurait acheté le tableau au Nigéria et l'aurait emporté avec lui dans son exil londonien. Ses enfants ont toujours vécu avec le fameux portrait sans jamais se douter de sa valeur.  

Aujourd'hui tout le Nigéria est en ébullition et espère bien sûr que la princesse Tutu retrouvera son pays d'origine. Les enchères auront lieu à Londres le 28 février prochain et le tableau est estimé entre 200 et 300 000 £. Mais il pourrait vite crever ce plafond !  

On reste à Londres pour l'histoire d'un vieux monsieur qui fait trembler la famille royale qatarie... 

Il s'appelle Ian Bone, il a 70 ans, un béret et une canne pour marcher. Mais c'est un redoutable militant anarchiste, Ian, rompu à toutes les luttes asymétriques. Et il a dans le viseur le Shard, le plus haut gratte-ciel d'Europe avec ses 306M de hauteur.  

Son combat, c'est lutter contre les « ghost towers », ces tours pour riches où le moindre appartement coûte des dizaines de millions de £ mais qui sont en fait vides, soit parce que les appartements n'ont pas été vendues, soit parce qu'ils servent de pieds à terre de luxe.  

Le Shard en possède une cinquantaine comme ça, alors que se loger est devenu un enfer pour la plupart des Londoniens. Or Ian Bone a réussi à fédérer autour de lui tous ceux qui luttent contre ce scandale immobilier, y compris les victimes de la tour Grenfell.  

Cette tour qui a brûlé en juin 2017 faisant 70 victimes au bas mot ! Or le Shard appartient à la famille royale qatarie qui non seulement a porté plainte contre Ian, essayant de lui interdire d'approcher mais en plus l'a fait suivre par des détectives.  

Sur Facebook, il a répondu : « j'ai une retraite de 154,56£ par semaine et la famille royale qatarie me traine devant la justice ? Ils ne réussiront pas à briser notre combat contre l'obscénité de ces appartements vides à 50M£ ». Il fallait pas le chercher Ian !

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