Soixante jours avant l'échéance électorale, les candidats à la Knesset ou aux primaires partisanes rivalisent d'imagination et parfois de ridicule pour tenter d'attirer sur eux les feux des projecteurs médiatiques.

On part en Israël ce matin, où les élections législatives battent leur plein. On est pile à 60 jours de l'élection et déjà tous les coups sont permis tant l'enjeu est immense, à savoir reconduire ou non la coalition qui a comme chef Benjamin Netanyahu. Il faut rappeler que « Bibi », c'est son surnom, est au pouvoir depuis 2009

Or s'il est reconduit, il deviendra très vite le Premier ministre israélien ayant passé le plus grand nombre d'années au pouvoir, dépassant le père de la nation israélienne, à savoir 13 ans et 127 jours. S'il remporte ces élections, il le dépassera le... 19 juillet prochain.

Un véritable exploit personnel, lorsqu'on sait combien le Parlement israélien, la Knesset, est divisé et surtout combien Benjamin Netanyahu est une figure controversée et surtout poursuivie  dans au moins quatre affaires de prévarication et détournements de fond.

Frapper un grand coup !

Le 1er ministre a fait placarder dans toutes les grandes villes du pays une photo de lui serrant la main de Donald Trump. Comme l'écrivait Pierre Haski il y a quelques jours, « Dans quel autre pays une photo avec Trump peut-elle aider à faire élire un candidat ? »

Il a raison, mais Israël n'est pas un pays comme les autres : c'est un pays en état de guerre quasi permanent, où ministres et des 1ers ministres sont souvent issus du haut commandement militaire et où les Etats-Unis sont perçus comme une assurance-vie.

Donc s'afficher avec Donald Trump rassure d'autant plus qu'il a tenu une de ses promesses de campagne les plus spectaculaires, à savoir la relocalisation de l'Ambassade américaine à Jérusalem. Suivi d'ailleurs aujourd'hui par le Brésil de Jair Bolsonaro.

Un militaire, principal adversaire de Netanyahu

Benny Gantz, ancien chef d'Etat major de l'armée israélienne, Tsahal, et selon les derniers sondages, crédité de 22 sièges à la Knesset contre une trentaine pour le Likud de Nétanyahu. Mais lui aussi mène une campagne assez étonnante, vu de France.

D'abord, comme le Premier ministre, il s'économise dans les médias. Parce que j'ai oublié de vous dire que Netanyahu refusait jusqu'à présent toute interview avec des journalistes professionnels, de peur des questions gênantes sur les enquêtes en cours.

Ensuite, il a sorti un clip ahurissant où il se vante d'avoir combattu le Hamas à Gaza en 2014, d'y avoir détruit plus de 6 000 objectifs et, je cite, « éliminé 1364 terroristes ». Or, il s'agit du nombre total de victimes, dont une immense majorité de civils.

D'autres candidats frisent le ridicule

Ils essaient tout pour survivre médiatiquement ! On a un député, Avi Dichter, qui apparaît dans un clip avec une fausse moustache et un keffieh palestinien en pleine conversation avec un sosie du président Mahmoud Abbas.

On a aussi le ministre de l'Intérieur, Gilad Erdan, qu'on voit dans ses clips jouer à Fortnite ou faire du trampoline avec ses enfants, coupant une tomate habillé d'un splendide tablier ou encore mangeant du popcorn devant la télévision avec son épouse.

Sans oublier cette députée, Anat Berko, qui dans un autre clip, explique qu'elle veut son café « noir et fort, comme l'armée ». Bref, une campagne qui parfois frise le ridicule mais qui surtout est inquiétante sur l'état d'esprit martial de beaucoup d'Israéliens.

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